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Une infrastructure qui souffre de l’improvisation de ses géniteurs

Contrairement à ce qu’on tente de faire croire à l’opinion publique depuis des années, l’aéroport de Tourou est loin d’être opérationnel dans son état actuel. C’est du moins, ce qui se dégage d’une visite minutieuse et d’une explication profonde de la situation qui prévaut au niveau de cette infrastructure qui a pourtant coûté des milliards aux finances squelettiques du Bénin. Cependant, l’espoir reste permis même si l’horizon reste lointain.

Barnabas OROU KOUMAN

L’aéroport de Tourou est l’une des infrastructures dont l’achèvement tenait à l’ancien président Boni Yayi. En témoigne ses nombreuses descentes au crépuscule de son dernier mandat et même à l’orée de sa vie d’ancien président de la République. Il en est de même pour les populations de Parakou, du septentrion et celles du Bénin en général, pour qui cet aéroport reste et demeure un grand acquis du pouvoir de la refondation. D’où les nombreuses plaintes compte tenu de sa non mise en service.

Ce qu’il faut savoir!

Il convient de savoir qu’il reste beaucoup à faire pour que l’aéroport de Tourou soit opérationnel. Si non, il y a beaucoup de choses à refaire pour que l’aéroport de Tourou soit mis en service.
En effet, il faut signaler que la construction de cet aéroport semble avoir été le fruit d’une improvisation très fructueuse et d’un manque de professionnalisme très criard. Et ça, pas besoin d’être un bon élève de l’aéronautique pour le constater. Le dernier de la classe de terminale A peut aisément le comprendre au même titre que L’analphabète.
Ce qu’il convient de savoir d’abord, c’est que l’aéroport de Tourou a été construit en deux phases. Si non, est entrain d’être réalisé en deux phases.
La première comporte la réalisation d’un aéroport muni d’une piste de 2400 mètres. Cette phase a nécessité des infrastructures et matériels adoptés à une piste de cette longueur. Ainsi, plusieurs infrastructures telles que l’aérogare, les matériels informatiques, les locaux, l’équipement de la tour de contrôle etc, sont adaptées à la piste de 2400 mètres.
Il faut signaler que toutes ces infrastructures et matériels (adaptés à la piste de 2400 m) ont été installés sur le site depuis des années.
C’est après tout cela qu’est intervenu le prolongement de la piste de 900 mètres pour avoir finalement une piste de 3300 mètres qui répond aux normes internationales. Du coup, cette deuxième phase met en cause la plupart du matériel et infrastructures prévus dans la première phase. L’aérogare devient trop exigu, l’appareil de la tour de contrôle incompatible, le positionnement initial de plusieurs infrastructures de guidage ou d’orientation obsolète. Bref beaucoup de choses à reprendre, recommander ou reconstruire.
A cela, il faut ajouter, la clôture du périmètre de sécurité pour que les animaux et les riverains ne discutent pas la piste avec les avions. Les infrastructures devant accueillir la douane, la police, les soldats du feu etc sont à construire.
Aussi, plusieurs matériels électroniques et mécaniques installés depuis des années ne sont ni utilisés ni essayés de temps en temps pour faute d’énergie électrique. Ceci pourrait éventuellement occasionner des pannes ou autres dysfonctionnements.

La triste réalité

Compte tenu de ce lamentable tableau que présente aujourd’hui l’aéroport de Tourou, la triste réalité qui s’y dégage, est que même si l’État dispose aujourd’hui des fonds nécessaires pour la mise en service de cet aéroport, il ne peut le faire avant trois années. Et là, ce n’est plus le profane qui parle mais il le tient des spécialistes du domaine. En voici l’explication. La plus part des appareils à remplacer s’acquièrent par commande à l’usine. Le délai minimal pour lancer la commande à l’usine, la fabrication et la livraison, il faut environ 2 ans sans compter avec la lourdeur administrative. C’est après cela qu’il faut venir installer les appareils à l’aéroport tester, certifier et mettre en service. De l’autre côté, il y a le recrutement du personnel, sa formation et sa certification.

Ainsi se présente la réalité à l’aéroport de Tourou. Que chacun apprécie et situe les responsabilités.

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