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.Complicité ou laxisme des autorités ?

Annoncé et exécuté à grande pompe sur toute l’étendue du territoire national, le déguerpissement des populations ayant érigé des baraques ou des boutiques au bord des voies publiques, semble ne durer que le temps d’un feu de paille dans certaines villes du Bénin. A Parakou, quelques mois après cette opération de grande envergure, les espaces autrefois libérés sont peu à peu occupés par les populations au nez et à la barbe des autorités de la ville. Face à cette réinstallation, on se demande s’il s’agit de l’incivisme des parakois ou d’un laxisme de la part des autorités de la ville.

Edouard ADODE (stg)

L’une des reformes majeures initiées par le gouvernement de la rupture est le déguerpissement des populations du bord des voies publiques. L’une des principales raisons avancées en son temps pour faire avaler cette amère pilule à la population, était : « on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs ». Après que les œufs aient été cassés où sont les omelettes ? Depuis plus d’un an que les populations espèrent, on ne perçoit aucun signe ni le moindre aménagement des espaces libérés. Même si à Cotonou les choses semblent timidement aller de l’avant, à Parakou c’est à un retour aux anciennes pratiques qu’on assiste. Sur les espaces libérés petit à petit les occupants s’y réinstallent. Ceci au vu et au su des autorités. Si tant est que rien n’était prévu après l’opération, il aurait été utile de laisser les paisibles populations dans ces places. Vu encore que se sont des places qui rapportaient assez de ressources financières à la municipalité de Parakou, il aurait été mieux de gérer autrement le déguerpissement, sans perdre ces ressources. Maintenant, la situation semble donner raison à ceux qui étaient contre l’opération. Cette réinstallation progressive peut être vue comme le signe d’une complicité entre la population et les autorités de la mairie ou un signe du laxisme de ces dernières.

Complicité ou laxisme des autorités municipales

La mairie peut être tenue pour complice dans cette réinstallation. Car étant le garant de l’ordre public sur tout le territoire de la commune, l’autorité municipale a à sa disposition la force publique pour assurer le respect de l’autorité de l’État central. Ne pas mettre en œuvre cette prérogative régalienne est un signe de faiblesse ou de laisser-aller. Ce laisser-aller aller peut bien être de bonne foi, car il n’est un secret pour personne que dans peu de temps, ces autorités solliciteront le suffrage de ces populations pour être réélues. Alors, il faut se montrer gentil et compréhensif à leur égard pour gagner encore leur confiance. Ou, laisser les populations se réinstallées afin de retrouver la manne perdue entre-temps. Cette idée mercantiliste arrange mieux, puisque jusqu’à présent, il n’y pas encore une compensation véritable pour combler le vide créé par cette opération dans le budget de la commune. Les nouvelles taxes créées sont très loin de combler ce vide. Il faut donc laisser l’anarchie se développer pour un jour revenir à la charge pour procéder à des casses et causer ainsi assez de dommages à la population. Cette politique semble être loin d’assurer un réel développement à la ville.

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