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Après la suspension des grèves par le front des trois ordres de l’enseignement, la joie et le soulagement sont notés sur les visages, mais cette joie a été de courte durée car très tôt, elle a laissé place aux doutes et inquiétudes dans le cœur de tous les acteurs du système par rapport aux résultats de fin d’année. Ainsi, depuis quelques jours les autorités en charge de l’école béninoise ont publié un nouveau calendrier scolaire pour permettre aux uns et aux autres de se mettre aux pas pour clôturer en beauté l’année scolaire 2017-2018. Maintes interrogations trottent à l’esprit des parents d’élèves. Comment colmater les brèches pour un résultat satisfaisant après tant de mois de grève ? Dans quel état d’esprit les acteurs du système éducatif retournent-ils en classe ?

Edouard ADODE(Stg)

Pendant près de quatre mois la petite école a dormi. A l’étude, on ne pensait guère. Telle a été la situation de l’école béninoise du mois de janvier au mois d’avril 2018. Il n’a été nullement question des grandes vacances, mais une situation due aux grèves. Maintenant que le spectre d’une année blanche qui planait, est conjuré ; les regards sont désormais tournés vers les examens où tout le monde pressent déjà la catastrophe. Très rapidement les ministres de l’éducation semblent trouver la panacée en prolongeant l’année scolaire d’un mois. Ce qui permettrait aux candidats aux divers examens d’affuter leurs armes pour affronter efficacement ces examens. Mais, nous connaissons tous l’issue de ces grèves, une issue qui a laissé les enseignants insatisfaits. Une fin qui est vue comme un échec pour les enseignants qui se sont sentis entre temps marginalisés et humiliés par le gouvernement de la rupture, notamment par son chef. Il est clair que ceux-ci pour la grande partie retourne en classe à contre cœur, blessés et diminués dans leur égo. Sont-ils vraiment prêts dans ces conditions à relever le niveau de ces élèves qui ont déjà presque tout oublié ? Les dires de Tidjani Koffé Bamdélé, animateur d’établissement en histoire et géographie au lycée Mathieu Bouké, apportent une réponse à cette question, « la motivation, vraiment on ne peut pas dire qu’il y a motivation, c’est comme si on nous force à travailler ». Cependant, ce qui est évident c’est la reprise effective des classes, et déjà les différents acteurs de l’école dans les départements du Borgou et de l’Alibori se plient déjà en quatre pour finir les programmes scolaires et préparer les candidats aux divers examens pour des résultats appréciables malgré tout le temps perdu dans les grèves, comme nous le confirme le proviseur du lycée Mathieu Bouké de Parakou, Alassane Yarou Boni, « il est vrai que les élèves ont oublié beaucoup de choses, mais les enseignants s’attellent déjà pour faire des rappels des notions déjà étudiées, les A.e. mobilisent les enseignants de leurs matières respectives pour aller à l’essentiel avec les apprenants pour finir les programmes et faire assez d’exercices avant les examens». Ce qui montre que le défi est de taille pour éviter la catastrophe à la fin de l’année. Déjà le directeur départemental de l’enseignement secondaire de la formation technique et professionnel, oblige les collèges qui doivent organiser la 2ème série des devoirs du 1er semestre à se mettre à la tâche pour qu’au plus tard le 18 mai, ces devoirs soient effectifs, il accompagne aussitôt le geste à la parole en visitant les collèges qui ont effectivement démarré ces devoirs à l’instar de C.e.g Hubert K. Maga à Parakou. De même les conseillers pédagogiques multiplient les visites de classes en vue de l’accompagnement des enseignants pour plus d’efficacité dans les activités pédagogiques. Ignace Flacandji, conseiller pédagogique de français dans les communes de Malanville et Karimama, dévoile quelques stratégies, « le vendredi dernier nous étions avec les inspecteurs qui nous ont fait des suggestions pour accomplir notre mission, telles que : les cours de rattrapages en dehors des heures de cours réglementaires, des séances de suivi rigoureux des enseignants par les C.p. Ces séances seront assorties de comptes-rendus tous les vendredis». Le constat est presque le même dans tous les collèges du Borgou et l’Alibori. « Cette semaine on va passer dans certains collèges, et vers la fin de la semaine on fait la synthèse » ajoute le conseiller pédagogique en physique-chimie-technologie pour le bassin pédagogique Parakou et Tchaourou, Valentin Goudjanou. Donc, il est clair que les autorités ne dorment pas sur leurs lauriers, alors le regard est tourné vers les parents.

La balle, dans le camp des parents d’élèves

Les efforts des autorités ne pourront pas porter leurs fruits si l’accompagnement des parents faisait défaut. Car une chose est de mettre le parquet en classe mais l’autre chose est de travailler consciencieusement à la maison sous la supervision et le soutien moral des géniteurs ou des tuteurs.

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