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BEGAIEMENT

Un handicap qui fait plus saigner le cœur

 
Dans la société, il n’est pas rare de rencontrer des personnes avec des difficultés d’élocution et souvent de ralentissement dans la prononciation des mots. Loin d’être un choix, le bégaiement puisque c’est ça qu’il s’agit est une maladie prouvée cliniquement qui peut survenir chez les individus de toute tranche d’âge et souvent dès l’enfance. Plusieurs facteurs favorisent l’apparition de cette maladie qui constitue un véritable handicap dans la société pour les personnes souffrant de ce mal. Le bégaiement reste encore un sujet pas totalement connu des spécialistes mais des traitements existent pour l’arrêter.

Samiratou ZAKARI

Trouble touchant une fonction primordiale de l’homme, le bégaiement est une véritable souffrance intérieure pour les personnes affectées.
En effet, le bégaiement est un trouble de la parole marqué par une altération de la fluidité et des difficultés au niveau du débit et de l’aisance lors de la communication verbale. Cette maladie affecte généralement plus les hommes que les femmes. Selon les informations recueillies sur le site Internet de la clinique multithérapie Proaction, la maladie a de forte possibilité d’être héréditaire car dans une famille, la présence de bègue parmi les parents augmenterait le risque de bégaiement chez l’enfant. Chose qui est d’ailleurs confirmée par Marcel, père de famille à Parakou. « Je bègue, il y a de cela 35 ans maintenant, et je remarque que mon jeune garçon de 5 ans est en train de vouloir faire la même chose car déjà tout petit il n’arrive pas à s’exprimer sans répéter plusieurs fois un même mot », a-t-il tristement confié. Même si des études ont prouvé que le bégaiement pourrait être une maladie héréditaire, il arrive que certains individus développent la maladie depuis l’enfance ou à l’âge adulte sans forcément avoir des parents bègues. Plusieurs autres facteurs peuvent alors favoriser l’apparition du bégaiement chez une personne.

Autres causes et symptômes

Selon le site Top santé.com, les orthophonistes, spécialistes des questions de bégaiement précisent que les origines du bégaiement sont multiples. On note entre autres, l’hérédité, le traumatisme émotionnel comme dans le cas d’un deuil, le déficit de confiance en soi. Un climat tendu ou un événement particulier comme un déménagement, la naissance d’un petit frère ou d’une sœur, les rivalités entre frère et sœur peuvent provoquer un bégaiement chez l’enfant. Les adultes peuvent en souffrir après un accident ou un événement traumatisant, alors qu’ils n’avaient jamais bégayé auparavant. Aussi l’environnement de l’enfant peut être une cause, avec des parents trop exigents, qui font de trop sur la qualité du langage ou sur d’autres apprentissages (propreté, politesse….) de l’enfant.
Le bégaiement se manifeste souvent par des blocages, des prolongations, des répétitions et des insistances de sons, syllabes, ou mots. Ce trouble est souvent associé à des éléments comportementaux, comme les tics du visage, clignements des yeux, trépignements, respiration irrégulière et changement du timbre de la voix … Les personnes souffrant du bégaiement vivent le martyr dans leur entourage à cause de cette maladie.

Le bégaiement, un handicap dans la société

Bien que le bégaiement soit une maladie prouvée cliniquement, les personnes vivant avec ce mal subissent toute sorte de discrimination et même des moqueries de leur entourage à cause de ce handicap. Les bègues se voient souvent écartés sur le plan professionnel ou parfois même sentimental à cause de ce mal qu’ils portent. C’est le cas de Jérôme jeune diplômé à Parakou major de sa promotion, qui a vu son rêve de devenir enseignant basculé à cause de son statut de bègue qu’il n’a jamais souhaité. « Depuis tout petit, j’ai eu pour ambition de devenir enseignant et j’ai toujours lutté pour cela. Mais après mes études universitaire, j’ai voulu passé le concours du métier d’enseignant pour réaliser mon vœu quand on m’a annoncé que je n’ai aucune chance d’être sélectionné même si je réussis aux épreuves écrites, juste parce que je bègue ». Martine élève en classe de 3ieme, quant à elle est toujours obligée de fuir les moqueries de ces camarades qui n’attendent qu’une seule occasion de l’entendre parler pour la rappeler qu’elle est différente des autres enfants de son âge. « A l’école, je n’ai pas d’ami et je suis toujours assise au fond de la classe. Je ne parle jamais, car je n’arrive pas à lire même une seule phrase sans bégayer et chaque fois qu’un professeur me donne la parole pour m’exprimer, les camarades ne font que se moquer de moi, ce qui me met mal à l’aise », a-t-elle tristement confié, les larmes aux yeux. Des médicaments, ni la chirurgie n’existe pas pour soigner définitivement le bégaiement, néanmoins des moyens existent pour le calmer.

Comment le traiter ?

Redevenir non bègue semble être impossible d’après les spécialistes, mais parler sans bégayer est bien une possibilité. Pour cela, différentes méthodes peuvent être utilisées. « Dès que vous doutez de vos facultés de communication ou celle de votre enfant il est très urgent de vous rapprocher d’un orthophoniste, thérapeute habilité à traiter de ce handicap », conseille Moustapha, parent. Plusieurs exercices basés par exemple sur la respiration, l’élocution, la prise de parole, etc.… permettent séance après séance de faire diminuer le bégaiement. Les activités qui font disparaître temporairement le bégaiement comme le théâtre, le chant, ou encore la lecture à haute voix sont également à privilégier.
Comme le disait l’artiste chanteuse béninoise Zouley, «  être handicapé n’est pas une fatalité », le plus important est de savoir transformer ce handicap en atout et créer environnement propre à soi et ainsi les préjugés des uns permettront d’évoluer.

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