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CELEBRATION DE LA FETE DU VODOUN

Le jour de la guerre froide des religions au Bénin

Au Bénin une date retient l’attention en matière de célébration. C’est la date du 10 janvier. Jour où les religions traditionnelles sont honorées. La fête du vodoun est célébrée chaque année depuis l’historique Ouidah 90 sur l’initiative de l’ancien chef d’Etat Nicéphore Dieudonné Soglo.

Mais plus la célébration de cette fête a priori identitaire du Bénin, prend d’ampleur et devient solennelle; et plus s’accroît une guerre en sourdine à caractère froid contre elle. Cette guerre qui existe bien mais qui est loin d’être visible est menée par les religions révélées et importées au Bénin contre le vodoun dans son ensemble en tant que religion endogène.

Ce jour où les adeptes des divinités ancestrales sortent en tenue d’apparat pour honorer leur croyance à travers chants, danses, rituels et sacrifices ; semble gêner les fanatiques des autres religions qui voient en cette célébration une manifestation visible du diable même en personne.

Ainsi, de la veille jusqu’au lendemain de cette cérémonie, les prières se multiplient dans les églises visiblement contre ce jour dédié à la religion identitaire du Bénin. Nul n’ignore cette fameuse marche pour Jésus qui est souvent organisée le 11 janvier par certaines églises sur les grandes artères de Cotonou. L’objectif de cette marche annuelle est simplement d’annuler l’effet des rituels et sacrifices accomplis par ceux de cette religion qui est traitée de diabolique.

D’aucuns n’hésitent même pas à maudire l’autorité grâce à qui cette journée est considérée comme fériée au Bénin. Au même moment, tout naturellement, les adeptes de toutes les divinités du panthéon Vodoun adressent ce jour des prières à l’endroit de la même personne. Ces derniers considèrent même l’absence des différents chefs d’État qui ont dirigé le pays depuis 1990 à cette célébration, hormis le président Soglo, comme l’expression du dédain de ceux-ci pour le Vodoun.

Si cette célébration pouvait être supprimée un jour, ce sera un jubilé pour les fanatiques de ces religions révélées. Or, en dehors de toutes considération cultuelles, cette fête revêt également un caractère culturel et identitaire par le biais de l’authenticité des rythmes et danses qui sont exécutés ce jour par les adeptes.

Il va falloir donc que le rideau de fer tombe pour que cesse le simulacre de cohabitation des religions dont on se vante au Bénin, sans qu’elle soit encrée dans les habitudes.

Edouard ADODE

Quotidien Daabaaru, le leader de la presse écrite dans le septentrion

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