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CHRONIQUE DES US ET COUTUME

Le secret en Afrique

Les connaissances en Afrique de transmettaient de père en fils de manière à ce qu’elles restent le patrimoine immatériel de la famille. Ainsi, certains métiers, par exemple, ont été longtemps l’exclusivité de certaines ethnies ou de certaines familles, et seuls les membres de ces familles ont accès aux connaissances pour l’exercice de ces métiers. Ainsi, on parle de famille de tisserands, de forgerons, de guérisseurs etc.
De même, dans l’Afrique de la nuit des temps, l’amitié était le lien qui permet aux hommes de garder les secrets les plus forts. Il était rare de voir des amis se mettre à dévoiler l’un les secrets de l’autre. Même si le lien de fraternité n’empêche pas de trahir les secrets, celui de l’amitié permet de garder à vie les faits honteux, les plus graves et les plus ruineux. Dans cette Afrique, il était moins fréquent de compter des amis traîtres que de frères traîtres. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’hospitalité de l’africain à l’égard de l’inconnu. Car selon la mentalité de l’africain l’amitié permet de gagner assez de choses.
En Afrique, les hauts lieux de la culture du secret restent les couvents où on apprend aux initiés l’utilisation de certaines forces surnaturelles. Là encore, le principe semble toujours existé mais il est de moins en moins observé par les initiés d’aujourd’hui qui pour certains sont même prêts à échanger les secrets des couvents contre l’espèce sonnante et trébuchante. Ce qui a pour conséquence, la profanation du sacré puisque le mythe qui entoure ce sacré est désormais dévoilé par des initiés qui préfèrent répondre à leur ventre qu’à leur dignité. Aujourd’hui, l’expression «ne dis à personne» semble souvent être mal comprise, et lorsque un secret est accompagné par cette formule, c’est en ce moment qu’il est rapidement dévoilé au grand nombre de personnes.
Pire, entre femmes, difficile de parler de secret. Car ce qui est secret entre femmes, reste tel jusqu’au jour où l’une se fâche où se sent déçue de l’autre et le secret est au dehors. C’est pour cette raison que les hommes ont du mal à s’ouvrir à leur femme, puisque le jour où la femme se fâche, le secret sort.
Or, le monde aura toujours besoin de cette qualité qui est la discrétion, ceci pour mieux fonctionner. C’est pourquoi dans presque tous les domaines, la discrétion est souvent fortement recommandée par rapport à certains faits sensibles. On parle par exemple de secret d’Etat, de secret professionnel et bien d’autres. Car toute connaissance n’est pas bonne à diffuser. Dans toutes les sociétés, il a y toujours des informations qui méritent d’être gardées secrètes pour préserver la société de graves désastres qui pourront découler de leur révélation à tout le monde.
Alors, pour la paix dans les foyers, les familles, dans les corporations professionnelles et dans le monde entier, l’éducation à la discrétion doit être de mise. Ce qui n’est pas synonyme de la culture du mensonge mais plutôt le développement de la capacité de chaque femme et de chaque homme à savoir garder certaines vérités car, « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ».

Edouard ADODE

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