786 vues

CONSOMMATION ABUSIVE DE LA CHICHA PAR LES JEUNES

La drogue déguisée pour un plaisir nuisible

Le tabagisme est un fléau qui prend de plus en plus d’ampleur dans nos sociétés. Les jeunes s’adonnent à la consommation du tabac sur toutes ses formes. La forme qui semble gagner du terrain au sein de la couche juvénile est la chicha. Considérée comme l’apanage des riches ou encore des grands, les jeunes se laissent leurrer par le goût et l’odeur de cette drogue sans se rendre compte des inconvénients liés à sa consommation.

Anatole SINKIN (Stg)

La chicha est une pipe utilisée au début en Iran et dans certains pays arabes pour fumer le tabac. Elle est aujourd’hui présente au Bénin et très prisée des jeunes. La consommation de la chicha met en jeu un dispositif qui comporte un objet en forme de pot de fleurs allongé d’une taille de 0.5 m environ, appelé machine et un raccord communiqué au pot et se terminant par une pipe, tout ceci sur-planté par un petit foyer en aluminium. On verse du tabac aromatisé dans ce foyer. Cette poudre a plusieurs arômes au choix (orange, menthe, fraise, banane, pomme…). Il faut donc réunir tous ces matériels pour pouvoir inspirer la fumée aromatisée que les jeunes adorent tant.

Qui peut consommer la chicha ?

Tout le monde peut fumer de la chicha, pourvu que la volonté soit accompagnée des moyens financiers pour s’acheter la machine et ses ingrédients. Allou Souradjou, un jeune consommateur résidant à Parakou explique, « tout le monde peut prendre la chicha, c’est une question de volonté ». Par contre, Ismaël Dramane, un autre consommateur pense que, « tout le monde ne peut pas prendre de la chicha, ça c’est pour les riches ». Selon lui, à défaut de la chicha, les jeunes qui n’ont pas de moyens prennent les cigarettes. À travers ces mots, Ismaël montre déjà la cherté des matériels de la chicha.

Qu’est-ce que les consommateurs y trouvent ?

Pour certains, la consommation de la chicha peut résoudre le problème de constipation. « Moi je consomme la chicha, parce que ça permet de déconstiper », dixit Souradjou. La présence des arômes dans la fumée est aussi une chose appréciée de ces jeunes. Il renchérit, « quand j’inspire la fumée aromatisée de menthe, je me sens bien ». Quant à Ismaël, il voit le bien dans la bonne haleine après la prise de chicha. « Après avoir pris de la chicha, j’ai une bonne haleine, avec une odeur d’orange. Mais quand l’on fume la cigarette, la bouche sent mauvais, c’est ça la différence », affirme-t-il. Ce sont là quelques raisons qui amènent les jeunes à fumer à base de la pipe à eau, ignorant les conséquences qui s’y cachent.

De graves conséquences liées à la consommation de la chicha

Fumer la chicha, est plus nuisible que fumer de la cigarette. D’après les spécialistes des maladies pulmonaires, le volume d’une bouffée de chicha est 20 fois supérieur au volume d’une bouffée de cigarette. Et 40 bouffées d’une seule chicha intoxiquent autant que 2 paquets de cigarettes. Même si la fumée de chicha est filtrée par l’eau, ce qui pourrait retenir à peine la moitié des substances nocives, il faut noter que celles qui seront présentes sont les plus petites et elles pourront pénétrer profondément dans les poumons. Selon leurs explications, la chicha contient beaucoup plus de tabac qu’une cigarette. On comprend donc, qu’on n’a pas besoin d’être étudiant en médecine pour savoir qu’une fumée inspirée a d’effets négatifs sur l’organisme. A cet effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) à travers les acteurs locaux de la santé, a tellement sensibilisé les populations sur les nuisances du tabac. Les conséquences de la consommation de chicha ne sont pas limitées à la santé de ses consommateurs, elles sont également notées sur le plan économique

Conséquences économiques

Les prix d’achats de la machine de chicha varient entre 8 000 et 30 000f cfa, selon sa taille et sa qualité. De même, les autres ingrédients ont leurs coûts qui varient selon aussi la qualité et la quantité. Il faut donc débourser au moins 15 000f pour avoir un dispositif complet de chicha chez soi afin de s’en servir en temps voulu. Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir le dispositif, ils vont acheter les  » pauses » à 500, 1000 parfois 1500f l’unité chez certaines personnes qui disposent leur chicha pour la vente aux consommateurs. Pendant ce temps, d’autres avec 100f, 50f ou même 25f s’offrent des cigarettes. La différence des dépenses liées à la chicha et celles liées à la cigarette n’est plus à démontrer. Les jeunes préfèrent débourser assez d’argent pour s’acheter des maladies pulmonaires voir cardio-vasculaires.

Il est temps que les jeunes comprennent les dangers qui se cachent derrière la fumée aromatisée. Il faut aussi prendre le temps pour évaluer les coûts liés à la consommation de la chicha pour comprendre que ce sont des économies qui s’en volent. Une prise de conscience s’avère nécessaire pour l’intérêt de toute la société.

786 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *