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L’autre poison qui tue les populations

Tous les jours, les marchés et abattoirs sont jonchés de viande. La viande de bœufs, de taureaux, de vaches, de veaux, de cabris, de moutons et même de porcs se retrouvent dans les repas de différents ménages. A Parakou, c’est environ une centaine de têtes de viande rouge qui est abattu par jour. La consommation de la viande rouge ne cesse de croître au jour le jour à Parakou. Cette viande se consomme sous plusieurs formes avec les risques d’infection et de contamination y afférents. La viande existe en quantité mais sa qualité reste à désirer. Du coup, sa consommation sans précautions majeures reste un poison pour les nombreuses populations.

Wahabou ISSIFOU

Le commerce occupe, dans les activités tertiaires, une grande place, parce qu’il emploie une assez grande partie de la population active et il est représenté par des formes diverses et complexes.

Les produits dérivés des animaux, qui occupent la place la plus importante par le volume traité et l’avantage économique qu’ils confèrent aux producteurs, restent la viande et le lait. Pour ce qui est de la viande, par sa grande valeur nutritive, elle reste un aliment très prisé. Elle est riche en nutriments, notamment en acides aminés essentiels qui font d’elle un aliment quasi irremplaçable. L’atelier organisé par le Comité permanent Inter-Etat de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (Cilss) en 2013 avec l’appui financier de l’Usaid affirme que l’Afrique de l’ouest, en 2025, comptera environ 400 millions d’habitants dont plus de la moitié de cette population vivra en ville. C’est la seule région au monde où, l’effectif de la population double presque tous les vingt cinq ans. Avec cette croissance démographique, la demande en produits alimentaires va doubler au cours des dix prochaines années.

Le Bénin fait partir des pays les plus pauvres du monde, avec un revenu annuel par habitant de 365 dollars. Et quand il est question de développement durable, le bien-être des individus est l’une des priorités principales. Ainsi, il est communément reconnu de nos jours qu’il y a des liens étroits entre le niveau de développement socio-économique d’un pays et l’état de santé de sa population. La santé elle-même, est la partie intégrante du développement puisque la population en est à la fois acteur et bénéficiaire. D’un côté, tout progrès au plan économique et social finira par avoir des retombées positives sur l’état de santé de la population, de l’autre, toute énergie générée par des améliorations en santé contribuera à terme au développement économique et social. La sécurité sanitaire des aliments tient compte de tous les risques, chroniques ou aigus, susceptibles de rendre les aliments préjudiciables à la santé du consommateur. Cet impératif n’est pas négociable.

Selon plusieurs études, le risque de cancer colorectal augmente avec la consommation de la viande et de viandes transformées. De plus les recherches ont montré un lien entre la consommation de viande rouge et le cancer du côlon. On pense que des radicaux libres se forment quand on digère la viande rouge. Ceux-ci peuvent causer des dommages aux cellules et entrainer, à long terme, la formation de cellules cancéreuses. Alors plus la consommation de viande rouge est importante, plus le risque de cancer du côlon augmente.

Parakou qui est l’une des trois villes à statut particulier du Bénin avec une population de 149.819 habitants en 2002, la population de la ville de Parakou est passée à 255.479 habitants en 2013, soit un accroissement intercensitaire de 4,68%. Et malgré que le Bénin éprouve d’énormes difficultés à répondre aux besoins en protéines, une frange de la population de Parakou abuse de la viande comme il n’est pas permis. De la viande de bœuf en passant par la viande des petits ruminants transformée communément appelée tchintchinga jusqu’aux brochettes de viande de porcs, Parakou en consomme suffisamment.
Ainsi la commercialisation de la viande dans la ville de Parakou n’est pas au bon fixe. Il s’agit de la mauvaise organisation du circuit et des acteurs, de la vétusté des infrastructures et l’équipement des abattoirs et les conditions d’hygiène au niveau des vendeurs qui laissent à désirer.

Pour le docteur Fidele Zinsou, nutritionniste à l’hôpital des armées de Parakou, la consommation de viande n’est pas une mauvaise chose en soi parce que dit-il « la viande apporte des micros éléments comme le fer et surtout les nutriments comme les protéines ». Pour lui, celui qui manque de protéine dans son alimentation est malnutrie et cela est cause de plusieurs maladies comme le kwashiorkor chez les enfants. « L’excès de la consommation de viande n’est pas une bonne chose. On va parler de l’excès de consommation de viande si vous consommez plus de 100g par jour. » a-t-il déclaré. Ainsi plusieurs problèmes sont liés à la conservation, à la transformation et à la consommation de la viande. Il a recommandé la consommation de la viande blanche car elle ne contient pratiquement pas de graisse. « Il faut limiter d’abord la consommation de viande. Ne pas en manger trop. Ce qui est mauvais chez nous est que nous consommons une viande de mauvaise qualité. Si vous devez consommer une viande qui est trop riche en cholestérol, ce n’est pas bon. » a-t-il martelé en insistant sur le fait qu’il faut éliminer la peau des animaux car, c’est souvent la partie de l’animal qui regorge le plus d’acide gras saturé, de graisse. « La viande blanche est moins riche en graisse que la viande rouge de façon classique parce que les oiseaux en général à cause de leur poids n’ont pas beaucoup de graisse qui accompagne » a-t-il signalé.

Alors il est clair que nous devons limiter la consommation de la viande, surtout de la viande rouge. C’est pourquoi le monde entier célèbre tous les 20 mars de chaque année, la Journée internationale sans viande.

S’il serait difficile de limiter la consommation de la viande, alors il est important que la mairie veille à l’application rigoureuse des mesures d’hygiène au niveau des abattoirs et aires d’abattages et au niveau des points ou étalages de vente de la viande. La mairie doit également développer la lutte contre les abattages clandestins par la promotion de l’abattage industriel et contrôlé. Elle doit enfin renforcer les capacités des structures chargées du contrôle de qualité pour que finalement les populations consomment une viande de bonne qualité.

 

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