511 vues

De nos jours, on assiste à un phénomène qui ne cesse de s’accroître, dans le rang des filles et femmes, qu’au sein des hommes. La dépigmentation est devenue monnaie courante. Une situation qui ruine financièrement les auteurs et détruit ensuite leur mélanine. Malgré les sensibilisations pour son éradication, Elle ne cesse de s’amplifier.

Véronique TAKOU (stg)

Copier l’occident oui, mais jusqu’à vouloir avoir la couleur de leur peau semble trop exagéré et très bête. En effet, croyant se rendre plus beaux et attirants, des hommes et femmes optent pour la dépigmentation. Un phénomène qui n’est pas sans conséquences financière et sanitaire.
Encore appelée « bodjou », « tchatcho » ou ‘’ kpo’’, la dépigmentation est le fait d’utiliser plusieurs produits éclaircissants et n’importe lequel destinés à modifier la couleur initiale de la peau pour se sentir attirés par les autres. Cette pratique qui était autrefois le fort des femmes est devenue depuis peu une autre boîte de pandore pour certains hommes. Les femmes, parfois incitées par leurs maris qui les préfèrent claires, prennent de l’argent chez ces derniers pour l’achat de produits éclaircissants, « moi, mon mari aime ça, donc il n’y a pas de problème… », a affirmé Victorine B., pratiquante de la dépigmentation qui ignore les conséquences auxquelles elle s’expose. Auparavant, la dépigmentation de la peau se limitait aux crèmes corporelles, mais aujourd’hui, on voit des personnes entrer dans des machines, avaler des comprimés ou même prendre des injections pour accélérer le processus d’éclaircissement sans tâche.

Le phénomène est très courant chez les personnes de teint noir, « se dépigmenter, c’est se créer de graves dommages à sa peau », dira Avanhou Jules. « Elles pensent se faire belles en croyant que c’est le teint qui fait la beauté, non. On a vu de femmes maliennes, sénégalaises et les guinéennes avec leur peau noire vraiment présentant l’allure de la femme africaine très belle », poursuit-il. Le teint clair n’est donc pas forcément source de beauté africaine. Ainsi, les conséquences qui s’attachent à cette pratique sont énormes et horribles.

Des conséquences désastreuses

Les conséquences de la dépigmentation sont bien visibles. Il y a la destruction de la structure cellulaire de la peau qui s’affine de plus en plus et s’expose aux maladies épidermiques, les difficultés liées à la cicatrisation d’une plaie lors d’une intervention chirurgicale, une multitude de couleurs de peau sur le corps d’une seule personne, des odeurs corporelles malsaines. C’est ce à quoi est victime dame Massoura qui s’explique en ces termes, « franchement moi, je ne savais pas que ma peau allait devenir comme ça. Ça marchait correctement, et j’étais aimé des hommes. Cela me rendait fière et je continuais à le faire. Maintenant, franchement je n’arrive plus à trop sortir car j’ai honte. Mon visage est devenu noir et vilain ». « Les femmes qui se dépigmentent là, souvent on les fuit parce qu’elles puent », renchérit Avanhou Jules. Une conséquence irréversible qui laisse des cicatrices sur le corps de ces pratiquants de la dépigmentation. Pour madame Charlotte K. une esthéticienne résidant à Parakou, lorsque la situation n’est pas encore grave, c’est possible d’y remédier en utilisant tout simplement des produits qui maintiennent ce teint clair artificiel. Mais, « lorsque le visage et le corps deviennent noirs comme ça, c’est compliqué voir impossible de réparer », va confier la dermatologue Valérie Hessou.

Vivement que les africains prennent conscience des risques qu’ils courent en se livrant à cette pratique. Il faut qu’ils comprennent que les campagnes de sensibilisations sont faites pour leur prouver à quel point cette pratique est dangereuse afin qu’ils la bannissent de leur quotidien car la peau noir est une peau qui résiste aux attaques des microbes et infections. Les africains doivent en être fiers, fiers de cette richesse que constitue leur teint.

511 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *