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EDITO

Talon devant une énigme !

Le 22 juin 2016, c’est avec joie que les populations des douze départements du Bénin ont connu pour la première fois dans l’histoire de l’administration territoriale, la nomination d’un préfet pour chaque département au lieu de six pour douze. Cet acte a été qualifié en son temps d’acte de bravoure à mettre à l’actif du chef de l’Etat Patrice Talon qui effectivement a fait preuve de courage politique pour procéder en amont à la désignation des six chefs lieux des six nouveaux départements puis à la nomination des douze nouveaux préfets.

Quelques mois après la mise en application de cette réforme qui vise le rapprochement de l’autorité de l’Etat des citoyens pour une meilleure satisfaction des besoins de ces derniers, on note des recules qui semblent se présenter comme une faiblesse de cette action hautement politique. Ainsi, juste neuf mois après la nomination des nouveaux préfets, celui en charge du département des Collines, feu Donatien Djaïkpon Nonhouégnon a cassé la pipe. Et depuis lors le département des Collines est resté sans préfet jusqu’à ce jour. Par la suite, ce fut le tour du Littoral de voir son préfet le tout puissant Modeste Toboula éclabousser par une affaire domaniale qui le conduisit en prison. Par conséquent, depuis le 26 février 2019, le Littoral est revenu sous la tutelle du préfet de l’Atlantique comme avant la mise en application de cette réforme tant attendue par le peuple.

Face à la situation de ces départements qui sont sans leurs propres préfets depuis un bon moment, on est tenté de dire que la nomination des préfets constitue une quadrature du cercle pour le chef de l’Etat Patrice Talon qui est l’initiateur de cette réforme au Bénin. Puisqu’au lieu de douze préfets pour les douze départements, le Bénin continue de fonctionner avec dix.

Cette situation ne saurait être liée à un désert de compétence dans ce domaine. Car, le Bénin compte des milliers d’administrateurs civils pétris d’expériences capables de combler ces vides qui certainement causent assez de torts aux populations des départements concernés.

Alors, il va falloir que le chef de l’Etat Patrice Talon fasse fi de certaines considérations politiques, et user de son pouvoir discrétionnaire afin de procéder à la nomination de nouvelles autorités à la tête de ces deux départements. Patrice Talon doit donc agir pour ne pas donner raison à certains de ses adversaires politiques qui estiment que ses réformes sont mises en exécution à la hâte et sans prendre en compte certaines réalités sociopolitiques.

Edouard ADODE

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