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L’énergie est vitale pour tout pays qui aspire au développement. Conscient de ce fait, le président Patrice Talon au lendemain de son élection a mis en œuvre des réformes en vue d’améliorer la qualité de la fourniture de l’énergie électrique aux populations. Deux ans après la mise en œuvre de ces réformes dans le secteur de l’énergie électrique, les populations notent une amélioration et relèvent les problèmes qui subsistent.

Barnabas OROU KOUMAN

A l’avènement du gouvernement de la rupture, le secteur énergétique était confronté à d’énormes difficultés qui avaient un impact négatif sur le développement socio-économique du Bénin. L’un des défis majeurs auxquels le président Patrice Talon a voulu faire face à l’orée de son investiture, a été le règlement de la crise énergétique. L’amélioration de la qualité de l’énergie fournie aux populations par une autosuffisance énergétique, a été l’ambition du gouvernement. Il a d’ailleurs fait la promesse de conjuguer au passé les délestages, réduire considérablement les coupures intempestives et booster l’administration pour une meilleure satisfaction des populations. Deux ans après, les résultats sont élogieux et les populations témoignent.
En effet, à travers le ministère de l’énergie, le gouvernement de Patrice Talon prévoit construire une centrale électrique de 120 Mw à Maria Gléta et aussi miser sur des groupes électrogènes afin d’augmenter la capacité énergétique au Bénin. Aussi grâce au deuxième compact du Millénium Challenge Account (Mca) dont le Bénin a bénéficié, la productivité et la production de la Société Béninoise d’Energie Electrique (Sbee) ont accru et la quantité et la qualité de l’approvisionnement en électricité ont été beaucoup améliorées. Certes, le gouvernement de la rupture n’a pas fini de mettre en œuvre toutes les réformes mais on note une grande baisse du taux de délestage autrefois constaté. Il est désormais possible au Bénin d’avoir de l’électricité chez soi sans interruption pendant plus de deux jours. « Aujourd’hui je n’ai pas peur, j’ai du courant pendant toute une semaine sans coupure », confirme Alexice Gagui résidant à Parakou. « Ah depuis que Talon est au pouvoir tout a changé, il n’y a plus les coupures en désordre qui nous empêchaient d’avoir de bon chiffre d’affaire », renchérit Patrick O. propriétaire d’une poissonnerie à Parakou. Le gouvernement de Patrice Talon compte créer une société de production d’électricité par la définition et la mise en place d’un nouveau cadre d’intervention des investissements publics-privés. Le ministre de l’énergie Jean-Claude Houssou ne cesse de multiplier des actions dans ce sens depuis que ce portefeuille lui a été confié. Sa détermination et son engagement augurent d’un meilleur avenir dans ce secteur.
Aussi, la durée de délivrance des compteurs a considérablement diminué, « moi, je félicite le chef de l’Etat Talon pour sa rigueur et son effort dans le domaine de la Sbee. Vraiment je lui dis merci, car grâce à lui j’ai pu obtenir mon compteur en moins de deux mois », confirme Moussa Ali enseignant à Kandi. S’adressant au chef de l’Etat, il lance un cri de cœur, « je l’implore à venir nous aider pour le payement des factures qui continue d’être toujours un problème pour nous, si c’est les guichets ils vont créer ou autres choses ».
Contrairement à l’amélioration de la qualité de l’énergie fournie à la population, celle des services laisse toujours à désirer.

De longues files d’attente devant les guichets
Payer ses factures d’électricité est un véritable parcours de combattant. Il faut se lever très tôt, se rendre dans les guichets, former les rangs avant l’arrivée des agents de la Sbee pour espérer se faire servir. « Moi, c’est la toute première fois que j’ai pu payer mes factures avant 10 heures, si non on est là depuis 04 heures du matin et c’est à 12 heures on est servi », décrit Mohammed un abonné de la Sbee à Parakou. « Et pendant que vous souffrez dans les rangs, certains passent par ‘’les longs bras’’ pour payer ou pire l’agent au guichet peut fermer à 9 heures déjà sous prétexte qu’il est fatigué. Ce n’est pas bien du tout », dénonce et déplore Walys. Il paraît clairement que les veillées, la fatigue, les longues files d’attente, le désespoir, la corruption sont le quotidien des abonnés de la Sbee. A cela s’ajoute la rupture fréquente des cartes de recharge.

Des raisons qui justifieraient cet état de chose

Selon le directeur régional Borgou Alibori de la Sbee Benoît Ahouandjinou, les longues files d’attente pour le paiement des factures d’électricité seraient toujours observées parce que, « la population attend le dernier jour du délai fixé sur la facture pour venir payer et certains entassent plusieurs factures avant de venir payer ». Il a déploré le fait que malgré les sensibilisations, les populations ne changent pas de comportements. Des arguments difficiles à admettre quand on sait que le nombre de guichets est insignifiant au vue du nombre d’abonnés. Certaines pratiques de la société sont à revoir.

Et si la Sbee passait au numérique et à l’ouverture d’autres guichets ?

La Société Béninoise d’Energie Electrique doit reprendre en compte et revoir son système de fonctionnement. Trois guichets dans deux agences ne sauraient satisfaire plus de deux cent cinquante cinq mille habitants de Parakou peu importe la compétence des agents. Pourtant, c’est le triste constat effectué dans plusieurs villes du Bénin ne disposant que d’une seule agence chacune. Il serait mieux que la société forme bien ses agents, en recrute davantage et ouvre plusieurs guichets de paiement dans les villes. « La Sbee peut ouvrir des guichets dans chaque quartier pour nous faciliter la tâche », propose Wilfried Adekoun avant d’ajouter que, « même pour ceux qui paient la carte, la Sbee doit penser à créer d’autres guichets pour nous ».
Aussi la société pourrait passer au numérique comme plusieurs sociétés le font déjà en offrant la possibilité à ses abonnés de payer via les comptes électroniques. Cela participera à faciliter la tâche aux abonnés afin qu’ils puissent payer leurs factures sans avoir à parcourir des kilomètres et endurer tous les supplices qui s’en suivent. La croissance économique et la lutte contre la pauvreté étant le cheval de bataille du chef de l’Etat et de son gouvernement, il urge que la situation soit prise en compte au sommet.

Après deux années de gestion du pouvoir par Patrice Talon, il ressort clairement que d’énormes efforts ayant abouti à l’amélioration de la qualité de l’énergie fournie à la population, ont été faits. De même plusieurs réformes engagées permettront d’atteindre l’objectif crucial d’autosuffisance énergétique. Cependant des problèmes liés à l’efficacité de l’administration de la Sbee, société en charge de la distribution de l’énergie dans le pays, méritent qu’on s’y penche très rapidement pour ne pas noyer les efforts du ministre Jean-Claude Houssou et du président de la République.

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