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Depuis quelques mois au Bénin, une peur terrible s’est installée dans le cœur des béninois suite aux découvertes macabres auxquelles on assiste au sein de la population. La découverte des corps sans vie de jeunes ou d’enfants à des fins inavouées, semble devenir le quotidien des béninois. Cette situation a fini par créer une psychose et instaurer un climat de méfiance dans les maisons, les écoles, les quartiers, bref, dans la société. Cette état de chose a un impact sur le tissu social autrefois caractérisé de solidarité.

Edouard ADODE (Stg)

Au Bénin, à l’instar de plusieurs pays de l’Afrique, chaque enfant nait d’un père et d’une mère, mais devient l’enfant de tout le monde. Cette conception fait que les enfants des locataires d’une même maison vivaient en amitié et en fraternité. Ainsi, chaque enfant pouvait entrer dans toutes les chambres des voisins. Il pouvait y manger de tout ce qu’on lui donnait ou faire sa sieste où l’envie le prend sans inquiétude. Mais aujourd’hui ce climat semble s’acheminer vers l’histoire laissant place à la méfiance et l’individualisme. La cherté de la vie et l’occidentalisation à outrance annonçaient déjà les couleurs de ce nouveau mode de vie dans nos sociétés qui se veulent modernes.

L’homme devenu un loup pour l’homme
La situation s’empire aujourd’hui avec les crimes crapuleux auxquels on assiste. Ces crimes sont pour la plupart, commis par des jeunes avides de gains faciles et animés par le désir de devenir riches coûte que coûte. Ces jeunes qui s’adonnent à l’arnaque sous toutes ses formes, se voient obligés de s’allier à des fétiches qui leur exigent des sacrifices allant du sang des volailles à celui des bœufs, et au finish le sang humain pour leur célébrité et leur efficacité dans leur sale besogne. Alors, ces derniers n’hésitent plus à porter atteinte à des vies à n’importe quel prix. Ils usent donc de mille et une manières pour y parvenir ; et dans cet élan, ils sont prêts à utiliser le sang d’un inconnu, d’un ami, d’un frère, d’une copine voir même de leurs propres femmes. Ils passent même dans les écoles pour appâter les âmes innocentes, toujours pour parvenir à leur fin. Maintenant que ce phénomène social prend une ampleur inquiétante, le tissu social se voit fragiliser.

Chacun pour soi, Dieu pour tous

Désormais, dans les maisons, chaque locataire enferme ses enfants dans sa chambre, si ceux-ci ne sont pas à l’école. Les parents interdisent à leurs enfants de manger chez qui que ce soit, jusqu’ à l’interdiction d’entrer dans le véhicule du voisin même bien connu, comme en témoignent les propos de Jacques Ahoadi un parent d’élève rencontré devant une école privée de Parakou, « avant, quand je viens chercher mes enfants, je profite pour prendre l’enfant de mon voisin qui est aussi ici, mais depuis un certains temps quand je viens l’enfant du voisin refuse de monter à bord de mon véhicule». Ceci montre clairement la situation qui prévaut dans les maisons. Désormais c’est chacun pour soi, Dieu pour tous, tout le monde est sur le qui-vive.

Une situation qui vient sonner le glas à la solidarité légendaire des béninois. Une valeur à maintenir à tout prix, car la disparition totale de la solidarité, plongera à coup sûr la société dans une autarcie destructrice.

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