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L’esclavage infantile au nom de la religion

  • Il faut que ça cesse
  •  Ces âmes innocentes ont aussi droit à une vie descente

Ce sont pour la plupart, les élèves des écoles coraniques traditionnelles. Leur famille les envoie pour suivre une éducation coranique accompagnée d’une initiation pratique à la vie communautaire et de l’acquisition du sens de l’humilité et de l’endurance à toute sorte d’obstacle ou d’épreuve. Ils sont nombreux à être sous la responsabilité des maîtres coraniques qui sont parfois des « marabouts ». Les enfants mendiants encore appelés « talibé », puisque c’est d’eux qu’il s’agit, semblent constituer, de nos jours, des fonds de commerce pour leur maîtres. Dans la totale ignorance des prescriptions islamiques ou animés par l’esprit machiavélique, les maîtres coraniques exploitent ces âmes innocentes pour assouvir leur soif d’argent, perpétuant ainsi la misère, le déshonneur et le dénigrement d’une religion pleine de vertus et de respect pour l’être humain et pour l’enfant en particulier. Il faut que ça cesse.

Barnabas OROU KOUMAN

Dans des d’habits chiffonnés d’une puanteur comateuse, loge un corps squelettique. A première vue, l’on perçoit ses yeux enfoncés dans les orbites tel un chimpanzé du parc Pendjari. Son crâne dépourvu de toute graisse, abrite des cheveux roux digne d’un enfant Somalien souffrant de marasme. Muni de son plastique bleu percé en diamètre faisant passer une corde lui permettant de garder son gagne-pain en bandoulière. Il sonnait environ 8 heures quand le petit Sambo de la dizaine, sort d’unee ruelle du quartier Guêma dans le troisième arrondissement de Parakou, pour son exercice quotidien. Avec lui, il y avait cinq autres mômes de son âge. C’est le triste destin réservé à Sambo et ses camarades par leur parents qui les ont abandonnée à un maître coranique pour qui la meilleure façon d’apprendre à connaitre Allah à ses enfants, est de les soumettre à l’esclavage. Se cachant derrière une interprétation autant bancale que vicieuse du saint Coran, ce maître coranique déshonore sa religion, la traine parterre et perpétue la misère. Il arrache à Sambo et ses camarades la chance de s’instruire, de grandir dans une famille et d’apprendre un métier libérateur. Comme Sambo et ses camarades, plusieurs gamins subissent le triste sort que leur impose leur maître coranique.

D’où vient la pratique ?
Autrefois, dans les pays musulmans comme le Niger, le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso et autres, les talibés n’allaient mendier que pour apprendre l’humilité et non pour ramener tous les jours de l’argent à leur maître. Car ces derniers bénéficient déjà du soutien des parents des garçons talibés. Mais au fil du temps, la situation à changer avec la migration de ces marabouts vers les pays de la sous région.
Naturellement, pour les citoyens des pays magrébins, faire un garçon est une déception pour la famille. Ainsi les garçons sont laissés à leur sort et ne peuvent que faire face à leur destin fatal. Ayant l’amour de leur religion, les parents les abandonnent aux maîtres coraniques ou marabout pour désormais en prendre soin.

Le triste destin de mendiant
Chaque jour, ils se lèvent, prennent leurs boîtes de conserve et partent mendier dans la ville pour avoir un petit déjeuner. Seuls ou en bande, ils passent ainsi des heures à parcourir les rues à la recherche de leur nourriture et à demander l’aumône pour réunir de l’argent exigé chaque jour par leur maître, s’ils veulent éviter d’être battus.
Toujours dans cette même calamité, ils ne peuvent qu’apprendre le Coran car n’ayant pas d’autre niveau d’instruction. Ils reçoivent également des coups de chicotte, s’ils ne récitent pas parfaitement le Coran.
Même si l’étude de la religion est à la fois un honneur et un élément fondamental de l’éducation, beaucoup de familles pauvres envoient leurs jeunes garçons chez les maîtres coraniques.
Malgré les longues heures passées dans les rues à mendier, ces garçons souffrent souvent de la malnutrition à première vue. L’hygiène n’est pas leur but premier. Ils ignorent totalement les règles d’hygiènes et s’exposent à longueur de journée à tous les obstacles de la vie. On pourrait dire que, pour les besoins de rentabilité, les garçons sont tenus en permanence dans un état miséreux. Plus le profil est misérable, plus on fait pitié, plus on gagne beaucoup.
Le système de ces maîtres coraniques ou marabouts, qui devaient fournir une éducation religieuse solide, est devenu une forme d’exploitation des enfants.
« On se réveille tôt le matin. Après la prière, on apprend un peu le Coran sous l’œil vigilant de nos aînés. Vers 7 heures, on prend nos boîtes pour aller mendier jusqu’à la tombée de la nuit. Mais chacun doit revenir avec quelque chose à la maison…Comme aujourd’hui, c’est vendredi, on va dans les grandes mosquées pour avoir beaucoup d’argent et de vivres.», témoigne le petit Sambo d’un air très craintif et miséreux.

Mendiant ou vie sans avenir
Que feront ces jeunes après leur temps de formation ? À la sortie de l’école, ils ont entre 16 et 20 ans, ils n’ont appris aucun métier, n’ont bénéficié d’aucun enseignement général. Alors, quel avenir pour eux ? Malgré leur âge, ils ne savent rien faire de leurs dix doigts. Leur peu de connaissance n’est même pas sanctionné par un diplôme. Certains deviendront peut-être maîtres religieux à leur tour, d’autres continueront de se perdre dans une vie misérable en ville. La délinquance va leur tendre les bras. Abandonnés, affamés, épuisés, ils deviendront sans grand doute des proies faciles pour les criminels s’ils n’en deviennent pas.

Le Coran proscrit la pratique de la mendicité
Des préjugés font croire que le Coran encourage la mendicité. Or, cela est faux. Le Coran ne prescrit pas la mendicité. Les garçons sont contraints d’aller mendier par le seul ordre de leur maître coranique. Pour Moussa Daouda, islamologue et prêcheur à la mosquée Alhouda de Zongo dans le troisième arrondissement de Parakou, la collecte de l’aumône n’est pas interdit mais c’est cette manière de collecter qu’il faut décrier car pour lui, cette pratique humilie le musulman et l’Islam.
L’aumône est une prescription divine et prophétique. Selon lui, il y a sept catégories de bénéficiaires de l’aumône. On peut citer entre autres, les pauvres, les nécessiteux ou quelqu’un qui est frappé d’un malheur, celui là qui est converti en Islam, le voyageur en manque de provision, celui qui est lourdement endetté et ceux là qui mènent le combat dans le sentier d’Allah. « Dans aucun écrit, il n’est dit nulle part qu’on doit aller collecter de l’aumône. Ce qu’on doit collecter, c’est la Zakat. » martelé l’islamologue. Poursuivant son argumentaire,Moussa Daouda clarifie que, « La Zakat est différente de l’aumône. Elle est une obligation pour ceux qui ont les moyens imposable et qui atteint le seuil alors que l’aumône est facultative. ». Pour lui, il faut combattre cette forme de demander l’aumône et envoyer ces enfants travailler dans les ateliers de formation. Il demande de garder ces garçons conformément à la prescription de l’Islam, à la culture Islamique. « Un bon musulman, après sa confession, doit avoir une profession …» a-t-il ajouté.

Il faut que cela cesse
La maltraitance endémique de ces enfants ne pourra être éradiquée que lorsque le gouvernement demandera des comptes aux maîtres ou marabouts coupables de ces abus.
La société, les leaders religieux, le gouvernement et les organismes nationaux et internationaux de lutter contre le trafic et l’exploitation des enfants, doivent absolument apporter de véritables solutions à la situation des enfants mendiants.
Il impérieux qu’une chasse soit ouverte contre ces criminels qui prennent en otage l’avenir de ces âmes innocentes. Des sensibilisations à l’endroit des parents musulmans s’avèrent indispensable pour lutter contre ce phénomène qui trouve ses racines dans la croyance bancale à la religion musulmane. Les imans qui prêchent dans les mosquées, leur organisation et les associations islamiques doivent faire de cette lutte une priorité comme l’érection des mosquées.

Il faut que cela s’arrête…

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