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Année scolaire blanche ou bâclée ?

 

La crise sociale qui secoue l’administration béninoise depuis plusieurs mois a des conséquences fâcheuses sur tous les secteurs concernés. Dans le secteur de l’éducation, vu le nombre de mois que dure cette grève, si l’année blanche n’est pas prononcée, l’on assistera inévitablement à une année scolaire bâclée.

Barnabas OROU KOUMAN

Une année scolaire normale compte neuf mois. Durant cette période les apprenants reçoivent des cours, sont soumis à des contrôles périodes et des examens de fin d’années. Ces neuf mois équivalent également à un programme bien déterminé.
Ainsi, une cessation de cours dans une période donnée, impact directement sur soit la qualité des cours dispensés aux apprenants ou sur le déroulement complet du programme. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’organisation des cours de rattrapage par les enseignants en cas d’absence ou d’empêchement de quelques heures.

Démarrée en septembre 2017, l’année scolaire 2017-2018, à son entame, laissait présager une année apaisée et réussite. En effet, le gouvernement béninois, avait pris le soin de mettre à disposition des responsables des établissements scolaires, les subventions dès les premières semaines de cours. C’était une première dans l’histoire de l’école béninoise. Tout avait bien démarré jusqu’à ce que les centrales syndicales de ce secteur ne déclenchent des grèves.
Déclenchées en janvier, les grèves dans le secteur de l’éducation dures déjà trois mois. Les élèves n’ont fait qu’une seule série de devoir sur les quatre prévues dans l’année scolaire. Pour une année qui évolue normalement, en avril, trois devoirs sont déjà exécutés. Présentement, les situations d’apprentissage ne sont exécutées qu’à peine un tiers selon certains enseignants.

Que faire?

Il est plus que sûr, qu’il sera impossible de rattraper cette année scolaire même si le gouvernement et les centrales arrivaient à s’accorder. Dans ce cas, deux schémas se présentent au gouvernement.

Une année blanche

Si l’année blanche est prononcée, la première victime sera les parents d’élèves. Dans un contexte économique très amnésique, ils se sont échinés pour acheter les fournitures scolaires à leurs enfants, payer leur scolarité, leur donner le petit déjeuner, d’autres ont même engagé des répétiteurs payés à grands frais. Une année blanche réduirait tous ces efforts et investissements au néant.
Les élèves eux-mêmes ne seront pas épargnés. Gagnés par la paresse, la désolation et la consternation, ils perdront une année de leur vie. Ceci sera un poids éternel, une cicatrice qu’ils porteront toute leur vie.
Les enseignants qui seront coauteur de cette probable année blanche, seront également atteints moralement. Ils essuieront les critiques acerbes et condamnations des parents d’élèves. Il leur sera également difficile de joindre les deux bouts vu qu’ils ne pourront percevoir jusqu’à la reprise de l’année scolaire prochaine.
Le gouvernement quant à lui, va perdre sa côte de popularité, il sera décrié et tenu responsable de la situation. L’image politique du chef de l’Etat sera mise à rude épreuve. Toute chose qui le desservira lors des joutes électorales à venir. L’obtention de la majorité parlementaire sera soumise à rude épreuve.
D’autres victimes silencieuses de la grève et d’une probable année blanche sont les bonnes dames vendeuses de nourriture dans les établissements et les taxis-motos. Plusieurs mères de familles qui subviennent à leur besoin grâce à cette activité, se verront condamnées à rester oisive. Pareille pour les taxis-motos qui ont des contrats avec des parents d’élèves et ont des revenus mensuels.
L’image du pays prendra un coup à l’international. Les partenaires techniques et financiers n’en seront du tout pas contents. Cela peut engendrer des conséquences défavorables à l’Etat béninois.

La Une du quotidien Daabaaru le 11 avril 2018

Avec la situation actuelle de l’école, une reprise des classes va correspondre à une année scolaire bâclée. En effet les apprenants sont déjà démotivés. Gagnés par la paresse, reprendre les cours sera un exercice très difficile. Ils ne pourront plus bien se donner à leurs études. L’année étant déjà avancée avec beaucoup de mois perdus, il sera qui impossible de rattraper. La conséquence sera tout de suite ressentie sur les résultats de fins d’année. Aussi dans les années à venir, lorsque les apprenants qui aujourd’hui sont dans les classes intermédiaires atteindront les classes d’examen, la catastrophe s’observera.

Pourtant une décision s’impose

Année blanche ou pas, il est clair que les dégâts qu’occasionne la grève sont inévitables. Il revient au gouvernement de choisir l’option dont les conséquences seront moins fâcheuses

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