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PROJET DE CRÉATION D’UNE MONNAIE UNIQUE POUR LA CEDEAO

Un rêve impossible pour 2020 ?

Lors du dernier sommet de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les chefs d’États ouest africains ont manifesté le vif désir de passer à une monnaie unique pour un développement harmonieux de cette zone. Au cours de cette rencontre, le nom de la prochaine monnaie commune a été rendu public. Ainsi, selon les conclusions de ce sommet, l’instrument d’échange commun à l’espace Cedeao verra le jour en 2020 sous le nom d’Eco.

Mais à l’analyse de certains économistes, ce rêve est pour l’heure une utopie, car les conditions requises pour son accomplissement sont loin d’être réunies. Au nombre de ceux qui ont de la peine à croire en cette concrétisation en 2020, figure Carlos Lopes, ancien Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Uneca), actuellement à la manœuvre dans la refonte des relations entre l’Union européenne (Ue) et l’Union Africaine (Ua). Dans un entretien accordé au magazine  »La Tribune Afrique » du mercredi 9 octobre dernier, cette éminente personnalité a essayé de justifier sa réticence par des raisons techniques.

« Je reste convaincu que l’Eco ne verra pas le jour en 2020, comme cela a été annoncé, car les conditions techniques ne sont pas réunies. Un certain nombre de convergences et de politiques macroéconomiques ne sont toujours pas mises en place en Afrique occidentale pour lancer cette monnaie », a-t-il souligné. L’ancien Secrétaire Exécutif de l’Uneca suggère qu’« en attendant, le débat sur le franc CFA va se poursuivre… Il faut absolument réformer le franc CFA et le fruit est mûr.

Certaines caractéristiques ne font pas sens pour la promotion de la transformation et pour l’intégration africaine. Il nous faut utiliser les réserves des pays de la zone franc de façon plus efficace. Le fameux compte d’opération donne certes, un certain nombre de garanties pour la couverture des transactions, via la Banque de France et à travers elle, via la Banque européenne, mais avec des taux d’intérêt aussi bas, ce n’est pas dans l’intérêt des pays de cette zone. Il faut que cela change afin que la politique monétaire devienne un véritable instrument de politique économique ».

Ainsi donc les chefs d’État ouest africains doivent fournir un travail de longue haleine pour accompagner leur volonté afin de libérer les pays francophones de la zone du joug du franc Cfa.

Edouard ADODE

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