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QUALIFICATION HISTORIQUE DES ECUREUILS AUX QUARTS DE FINALE

Le Bénin révélé en Egypte

. Saturnin Allagbé ou le sauveur de tout un peuple

Le vendredi 5 juillet dernier, sur la pelouse verte du stade Al Salam du Caire en Egypte, les Ecureuils affrontaient les Lions de l’Atlas après une qualification historique pour les huitièmes de finale de la 32e Coupe d’Afrique des Nations. Invaincu durant les matchs de poule, le Bénin avait en face de lui une formation marocaine qui n’a concédé le moindre but pendant les matchs de groupe et qui a fait carton plein (9 points). Mais au finish, le Bénin crée la surprise et se qualifie pour les quarts de finale après les séances de tirs aux buts.

Wahabou ISSIFOU

Quand on se réfère aux différentes confrontations entre les deux formations, il faut retenir que le Bénin n’avait au grand jamais battu le Maroc, même pas un match nul. Le Bénin a affronté le Maroc pour la première fois en 1992, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1994. Les Lions s’étaient imposés 1-0 à l’aller et 5-0 au retour. Lors de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2004, le Maroc a étrillé la sélection béninoise 4-0, en phase de groupes. Les Lions avaient également battu les Écureuils lors de deux matchs amicaux en 2008, 3-1 et 2014, 6-1. Au total, le Bénin a affronté le Maroc cinq fois et a perdu tous ces matchs.

Une mission impossible ?

A voir ces statistiques, nul ne pouvait s’imaginer le scénario de cette soirée là. Mais il faut également rappeler que le Bénin venait de loin. Déjà pendant les éliminatoires, les Ecureuils ont créé plusieurs fois la surprise en battant à Cotonou la Gambie (1-0) le 11 juin 2018, l’Algérie (1-0) le 16 Octobre 2018 et le Togo (2-1) le 24 Mars dernier et se qualifient pour la Coupe d’Afrique des Nations. De plus pendant les préparatifs pour cette Can, ils ont encore prouvé leur bonne forme en venant à bout de la Guinée Conakry (0-1) et la Mauritanie (3-1).
Les Lions de l’Atlas ont vendu moins chère la peau des Ecureuils. Déjà dès le coup de sifflet de l’arbitre angolais Helder de Carvalho, les Ecureuils ont résisté face aux différents pressings des Lions. Aucune faille n’a été créée par les Ecureuils pour faciliter la tâche à leurs vis-à-vis. Fin de la première partie avec une légère domination des poulains du sélectionneur Hervé Renard (58% contre 42%).
Du retour des vestiaires, Michel Dussuyer, sélectionneur des Ecureuils a compris qu’il pouvait battre ces marocains. Et comme par surprise, sur un corner joué par Sébio Soukou, Moïse Adilèhou reprend le ballon du pied et le met au fond. 53 minutes de jeu, le Bénin ouvre la cage inviolée des Marocains. C’était la désillusion pour les Lions de l’Atlas, mais ils ne démordent pas.

Cette erreur défensive d’Adéoti

76e minute. Au moment où les Ecureuils ont gagné en confiance en cherchant à assoir un jeu potable, patatras, l’erreur défensive d’Adéoti. Boussoufa chipe le ballon et le remet à En-Nesyri qui le transforme, égalisation. Les marocains prennent le jeu en main et mettent davantage la pression. Ils ne voulaient pas des prolongations.
93e minute, le capitaine Stéphane Sessegnon sort de nul part et créé un penalty discutable. Et comme si le bon Dieu était béninois, le poteau gauche sauve les Ecureuils et les conduit aux prolongations. Ziyech, le joueur marocain du club de l’Ajax d’Amsterdam ne s’en revenait pas.

Et ce carton rouge qui donne de l’espoir aux Lions

Démarrage des prolongations. Le compteur remis à zéro. 97e, un second carton jaune, synonyme du rouge pour le vice capitaine Khaled Adénon. A dix contre onze, les génies du gardien de but béninois Saturnin Allagbé sortent et empêchent toutes les attaques des marocains et laissent place aux tirs aux buts.

Saturnin Allagbé, le héros

Les Ecureuils du Bénin n’avaient de toute leur histoire jamais joué les séances des tirs aux buts à une phase finale de la Can. Et pourtant ils réussissent. Après le tir de Boufal qui retrouve les airs, Saturnin Allagbé réalise l’impossible et sort de la main gauche dans le sens opposé le tir d’En-Nesyri. 3 tirs contre 1 pour les Ecureuils. Il ne restait qu’un seul tir pour qualifier les Ecureuils aux quarts de finale.

La délivrance de Séibou Mama

Mama Séibou, ce jeune de 23 ans avait la responsabilité de jouer le tir de la délivrance. Ayant depuis lors l’habitude des tirs aux buts avec ses différents clubs, Uss Kraké, Aspac, Buffles du Borgou et Toulon, le jeune milieu de terrain prend la lourde charge d’exécuter son tir. D’un pas rassurant et confiant, il se dirige vers le ballon. Prend le ballon, lui donne un baiser, le pose avec assurance et attend le coup de sifflet du juge central avant de prendre son élan. Avec énergie, il s’exécute et place le ballon dans le petit filet droit du gardien qui vient en retard. Et but, c’est l’euphorie totale, dans le stade Al Salam du Caire.

Quelle joie! Quel bonheur!

Du Caire au Bénin en passant par tous les pays de l’Afrique de l’Ouest les populations étaient en extase. Dans les maisons, les rues, les fans zones c’était l’ambiance totale. Tout était permis, le code de la route était violé allègrement. A Parakou, malgré l’intensité de la pluie qui se déversait, les populations ont pris d’assaut les rues avec des cris à gorge déployée, le son des klaxons des engins. Hommes, femmes, petits et grands, tout le monde était en joie. C’était extraordinaire cette victoire des Ecureuils.
Ce match qui a retenu l’attention de millions de personnes à travers l’Afrique et le monde vient une fois de plus montrer combien le Bénin est en train de se révéler au monde par son football.

Enfin

Après ces huitièmes de finale, les Ecureuils vont encore croiser des Lions. Les Lions de la Téranga seront face au grand Bénin le mercredi 10 Juillet prochain. Pourront-ils les battre? Bien malin qui pourra le dire.

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