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TECHNICIEN AUDIOVISUEL DE L’ORTB A LA RETRAITE,

Moussa Ankidosso relate sa vie d’homme des médias

L’accès à l’information est une nécessité mais aussi un devoir pour tous dans un monde en pleine évolution. Dans le monde de l’audiovisuel, le technicien joue un rôle très important car il est celui là qui assure le traitement et le montage des informations afin de servir l’information reçue en sons et en images aux téléspectateurs. Pour en savoir plus sur le métier de technicien audiovisuel, votre quotidien est allé à la rencontre de Moussa Ankidosso, un ancien agent de l’Ortb. Lisez plutôt.

Samiratou ZAKARI

Daabaaru : Pourquoi avez-vous choisi travailler en tant que technicien audiovisuel ?

Moussa Ankidosso : Tout jeune, j’étais quelqu’un qui aimait écouter les informations. La passion est partie de là, et j’ai voulu être du côté de la technique. Je me suis donc lancé par les stages en son temps à l’Office des Radios et Télévisons du Niger (Ortn) pour apprendre le métier. Après ma formation j’ai été recruté dans ce service où j’ai servi pendant 10 ans.

Alors parlez nous de vos débuts en tant que technicien Audiovisuel

Après 10ans de service rendu au Niger, j’ai décidé rentrer au pays en 1970 et j’ai été engagé à l’Ortb le 6 juin 1971. J’ai été très bien accueilli et le travail se déroulait dans une bonne ambiance, il y avait pas de problème majeur. En notre temps il n’y avait pas de concours, on vous recrutait en fonction de votre expérience et savoir faire.

Quels sont les avantages liés à votre métier ?

Bon, les avantages, il y en a forcément. Par ce métier, on arrive à se faire rapidement des relations dans le pays comme même à l’extérieur. Aussi on a la chance de beaucoup voyager et découvrir d’autres horizons. On était en contact des populations. Aussi quand tu fais bien ton métier ça paye beaucoup. Moi je suis allé à la retraite en 1997 et depuis ce temps je n’ai jamais servi ailleurs quand bien même j’ai eu des sollicitations de part et d’autres. Grâce à mes connaissances et mon travail bien fait à l’époque je ne me suis jamais plaint après ma retraite. Aussi avant on était à l’aise dans la quête de l’information, on était libre dans nos recherches. En notre temps, il n’y avait pas des écoles de formations comme maintenant, il fallait souffrir vraiment pour apprendre.

Qu’en est-il des difficultés liées au métier ?

En notre temps, la technologie n’était pas aussi évoluée qu’aujourd’hui. Donc on avait se problème là dans le traitement de l’information avec nos outils souvent vétustes. Tu vas sur le terrain avec des outils qui pesaient vraiment et tu étais obligé de tout trimballer. Aussi la rigueur était de mise en notre temps, tu ne devais faire que ce pour quoi tu es recruté. Alors qu’aujourd’hui les choses sont moins compliquées pour le technicien, il y a des outils sophistiqués et l’exercice du métier est moins difficile.

Contez-nous le jour le plus heureux de votre carrière

Bon, comme jour heureux, je dirai que nous on a eu la chance de vivre les évènements suit à l’envahissement de notre pays par les mercenaires en 1977. On a pu vivre en exclusivité les faits car on était déployé sur le terrain. Donc comme jour heureux c’est surtout ça.

Et quel a été le jour qui vous a marqué négativement ?

Comme jour malheureux c’est surtout quand j’étais encore en service au Niger. Un jour, mon chef programme m’avait confié un travail à faire, un montage à faire. Donc ce jour-là, j’avais fini ce que j’avais à faire au studio, je m’apprêtais à partir quand je me suis rappelé le travail que m’a confié mon chef programme. J’ai dû donc remettre les appareils en marche, j’ai placé les deux copies et j’ai commencé par tourner mais l’émetteur était éteint. Donc ma présence à tirer l’attention des gardes nomades de garde ce jour là. L’un d’eux s’est rapproché de moi et m’a demandé ce que je faisais encore là. Je lui ai fait savoir que je montais un élément que m’a demandé mon chef programme. Mais malheureusement, ils ont refusé de croire puisque l’élément dont je parlais ne passait pas à la radio. Ils ont alors dit que j’étais en train de communiquer avec l’opposition du pouvoir en place. J’ai nié mais je n’ai pas pu les faire entendre raison. Cette affaire-là m’a conduit jusqu’à la présidence puisque mon chef programme qui m’a confié ce travail a nié les faits, qu’il n’était au courant de rien. Ce qui m’a inculpé injustement. Ils m’ont conduit dans une salle où j’ai été branché à une chaise électrique pour me faire avouer. Mais j’ai toujours avoué mon innocence et il a fallu l’intervention du ministre de l’intérieur de l’époque pour que je sois libéré. J’ai été ainsi conduit à l’hôpital pour recevoir des soins suite à la torture qu’ils m’ont fait subir injustement. Je ne pourrai jamais oublier ce moment.

Que pensez-vous de la liberté de la presse au Bénin aujourd’hui ?

Je dirai que la presse n’est pas libre au Bénin aujourd’hui. Les hommes des médias n’arrivent plus à dire ce qu’ils pensent librement ce qui a également d’impacts sur la qualité de l’information qui est diffusée. Et même la Haac qui est l’organe chargé de protéger les hommes des médias n’existe presque plus car il ne joue véritablement pas son rôle. Ce qui n’est pas bien, les journalistes exercent avec la peur au ventre.

Un message à l’endroit des jeunes qui veulent emboîter vos pas

Je leur dirai d’exercer le métier selon le code de déontologie de la presse. Aussi de ne pas se mêler à la politique car qui veut vraiment exercer son métier doit se faire neutre de tout ce qui est politique et c’est ainsi il pourra vraiment réussir dans son métier qui ne demande rien que la vérité car c’est ce que le peuple attend du journaliste, de l’homme des médias.

Votre mot de la fin

Je vous souhaite beaucoup de courage et plein succès.

Quotidien Daabaaru, leader de la presse écrite dans le septentrion

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