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Chaque génération avec ses réalités, la présente n’échappe pas à la règle. Loin de la génération des ‘’bas d’élph’’, la tendance actuelle bat son plein, il s’agit de la mode destroy. Ce mode d’habillement caractérise la jeunesse d’aujourd’hui, qui semble renverser tous les anciens principes d’habillement connus dans le passé. Plus besoin d’être fou pour prétendre porter des haillons. Dans les villes béninoises par effet de mode, tout le monde se met en pantalon et chemise déchirés à volonté.

Edouard ADODE (stg)

A la plage, dans les rues, dans les boîtes de nuit, au cours des fêtes, les jeunes se font aujourd’hui distinguer par leur manière de s’habiller. La jeunesse, cette tranche d’âge dans laquelle on ose, on impacte et on innove, est la catégorie de la population la plus active et la plus visible. La jeunesse actuelle semble offrir plus de spectacles et de surprises à la génération des aînés. Elle ne manque pas d’ingéniosité au quotidien dans tous les domaines. Dans le domaine vestimentaire, la nouveauté est là, pas besoin de chercher loin pour innover. Il suffit tout simplement d’observer tous les passants dans les rues et on voit que les malades mentaux constituent de véritables sources de création de mode vestimentaire. Désormais tous les jeunes veulent les ressembler. Alors pour y arriver, on laisse les cheveux en broussailles, c’est ça être rasta! Comme si cela ne suffisait pas, on passe alors à la vitesse supérieure, on prend tous les pantalons jeans et on déchire ; les chemises, on déchire ; les casquettes, on déchire également. Ainsi, on obtient beaucoup de haillons, pas pour les jeter comme autrefois mais à porter pour aller en boîte de nuit, à une fête ou en ville tout simplement. Et c’est ça la mode ‘’destroy’’!

Des haillons très coûteux
Le vêtement ne sert plus forcément, à se mettre à l’abri de la nudité. On peut être bien habillé et rester encore nu! Ce genre d’habillement peut faire penser à une situation de manque de moyens à première vue, cependant un tour dans les boutiques de prêt-à-porter et on se rend compte de la cherté de ces tenues. « Ce jeans est à 15.000f, le complet qui est ici est 27.000f (jeans, tee-shirt et casquette). Le jeans cassé le moins cher ici est vendu à 8.000f», explique Luciano G. tenancier d’une boutique de prêt-à-porter à Parakou. Ces propos sont confirmés par David un jeune friand de la mode destroy, il ajoute, « parfois je coupe moi-même mes anciens jeans pour être toujours à la mode. Dans les boutiques vraiment c’est au moins 7.000f pour avoir un jean comme ça, mais dans les friperies avec 3.000f ou 4.000f, on peut acheter». Loin de la folie, c’est juste la mode! Cette mode est bien appréciée également des jeunes filles qui n’hésitent pas à entrer dans la danse, comme le confie Laurianne, étudiante à l’Université de Parakou, « j’aime personnellement porter des jeans destroy pour les promenades et les sorties entre camarades parce que vraiment on se sent à l’aise et très free ».

Une mode qui aggrave le conflit de générations
Vraiment ce mode d’habillement continue de faire son petit bon homme de chemin, même si pour les aînés cela frise de la voyoucratie. Pour les personnes d’un certain âge, porter des haillons, sort de l’ordinaire. « Un prétendant de ma fille qui se présente à moi dans ces genres de vêtements, hum, je le chasse. Elle ne peut même pas oser le faire », martèle Rouckiatou Wanrigui, quinquagénaire, mère de famille résident à Parakou. Visiblement, cette mode ne reçoit pas pour le moment l’approbation des personnes âgées au Bénin. Pour ces dernières, se mettre dans ces tenues, est signe de manque de sagesse. De même, pour certaines catégories de milieux ou de métiers, le destroy ne peut jamais être accepté comme tenue règlementaire. Cependant, loin des frontières africaines, le destroy fait rage même dans le rang des stars de la musique, du sport et du cinéma. L’habit ne fait pas le moine dit-on mais permet quand même de reconnaître le moine.

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