ACTIVITE DE CHANGE MANUEL AU BENIN : Au cœur du marché noir des cambistes

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. Nécessité d’une réorganisation profonde

Les cambistes sont des opérateurs, qui achètent et vendent des devises en dégageant un bénéfice. Ils constituent une partie des acteurs du système financier appelés ‘’Intermédiaires financiers’’. Cependant, plusieurs personnes exercent cette activité dans l’illégalité. Au Bénin, on les retrouve autour des grands marchés et surtout de l’aéroport international de Cotonou. Ainsi, ce marché noir échappe au contrôle des autorités au plus haut niveau. L’activité des cambistes présentent aussi bien des avantages dans les transactions financières que des risques. Que dit la loi sur l’activité de change manuel ?

Wilfried AGNINNIN

 

On les retrouve un peu partout dans les coins stratégiques des grands marchés du Bénin, Eux, se sont les opérateurs de change manuel communément appelés cambistes. L’existence de ces derniers est guidée par l’usage de plusieurs monnaies à parité flexible sur leur marché de prédilection. Pour le cas spécifique du Bénin, l’activité de change manuel existe dans les villes secondaires, principalement à cause des opérations commerciales que le pays mène avec le Nigéria. Ainsi, lorsqu’un commerçant nigérian souhaite effectuer des achats sur le marché béninois, il doit à priori échanger son Naira contre du F cfa. De ce fait, ces personnes constituent un mayon important dans les transactions financières.

Le rôle prépondérant des cambistes

Malgré que leur existence soit illégale, les cambistes jouent un rôle dévolu aux banques, aux coursiers et aux traders légalement reconnus. Selon l’économiste Aimé Kocou Dadégnon, ces derniers facilitent toutes les activités notamment les échanges commerciaux qui nécessitent des transactions financières entre des pays utilisant des monnaies différentes. Issiaka Traoré un commerçant rencontré au marché Arzèkè de Parakou qui mène ses activités entre le Bénin et le Nigéria approuve bien l’importance des opérateurs de change. A l’en croire, cette opération lui permet de faire ses transactions financières dans un laps de temps. « Quand je veux faire échanger le Naira en F cfa, c’est ici je viens », a-t-il témoigné. A l’économiste Aimé Kocou Dadégnon, d’ajouter, « pour le cas spécifique du Bénin, les cambistes facilitent les opérations d’achat et de vente entre béninois et nigérians sans que ceux-ci n’aient à faire aux longues files d’attentes des banques », a-t-il ajouté.

Des risques de l’activité

Le président des opérateurs de change manuel de la ville de Parakou Daouda Amani est conscient qu’ils opèrent dans un climat d’insécurité totale. A l’en croire, ils sont parfois exposés aux braqueurs et à toutes personnes de mauvaise foi. Il a fait savoir que des cambistes sont souvent braqués sur la voie du Nigéria. Pour le président des cambistes, les chiffres d’affaires de leurs activités ont considérablement baissés depuis la fermeture des frontières nigérianes avec le Bénin.
Aimé Kocou Dadégnon a fait savoir qu’outre le risque de change qui traduit la perte éventuelle suite à une variation désavantageuse du coût des devises, ces opérateurs financiers courent également le risque de mener leurs activités dans l’illégalité.

L’économiste Aimé Kocou Dadégnon

Ce que dit la loi des finances sur l’activité
Selon les informations fournies par l’économiste, « l’activité de change manuel est régie par le règlement N°09/2010/Cm/Uemoa/ du 1er décembre 2010 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uémoa), complété par l’instruction n°06/07/2011/Rfe du 13 juillet 2011 relative aux conditions d’exercice de l’activité d’agréée de change manuel ». Au regard cette disposition légale, l’activité de change manuel est soumise à l’autorisation préalable du ministère des finances après avis conforme de la Bceao.
L’attaché de recherche à la Faseg de l’Université de Parakou fait remarquer que « pour qu’un cambiste opère dans la légalité en toute quiétude; il faut qu’il ait un local d’exploitation fonctionnel et sécurisé ; qu’il ait un accès facile aux devises auprès des banques et pour qu’il bénéficie surtout de l’assistance des autorités, il lui faut forcément s’agréer ». Dans la même optique l’article 4 de l’Instruction n°11/07/2011/Rfe relative aux comptes rendus périodiques à adresser aux autorités chargées de veiller au respect des dispositions de la réglementation des relations financières extérieures des Etats membres de l’Uemoa dispose que « Les agréés de change manuel doivent communiquer à la Direction chargée des Finances Extérieures et à la Bceao, dans les 10 jours suivant la fin de chaque trimestre, les relevés des opérations de change manuel effectuées à leurs guichets au cours du trimestre écoulé ».

Quand l’Etat échappe au contrôle des cambistes

Pour l’économiste, le fait qu’ils opèrent dans l’illégalité fait échapper à l’Etat des informations sur les flux financiers du pays. Sur ce, la réorganisation de ce secteur d’activité s’avère indispensable pour permettre à l’Etat de mieux contrôler les différentes transactions financières selon les orthodoxies du marché financier de la Bceao. Une bonne stratégie permettra également aux collectivités locales dans lesquelles ces activités sont menées de percevoir des taxes pour financer des projets de développement. Car, ces cambistes sont pour la plupart des étrangers.

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