BENIN / FOOTBALL FEMININ : « Aujourd’hui j’ai ma licence en Education Physique et Sportive et je suis enseignante », dixit la galactique Alimatou Amidou

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Elle a nom, Alimatou Amidou, capitaine de l’Association Sportive Galaxie de Parakou. Milieu de terrain, polyvalente, Alimatou Amidou fait partie des réussites de son club. Bien qu’ayant pas encore connu le très haut niveau, elle a déjà eu, pendant ses 10 années de carrière, la chance d’être appelé trois fois en équipe nationale. Reçu par la rédaction de votre quotidien Daabaaru, Alimatou Amidou livre ses débuts difficiles dans le football. Elle aborde également les qualités d’un bon milieu de terrain sans oublier les bons et mauvais souvenirs de sa carrière. Alimatou Amidou pense aussi que le sportif peut également associer les études à sa discipline. Elle en est d’ailleurs un exemple. Lisez plutôt.

Wahabou ISSIFOU

 

Daabaaru : Vous êtes footballeuse, d’où est né cet amour pour le football ?

Alimatou Amidou : Pour dire vrai, le football, ça vient de mon père. Il aime le football, donc c’est inné. Et aussi, à voir les filles jouer, cela a plus augmenté.

Comment avez-vous démarré la première séance d’entrainement de votre carrière ?

D’abord, dès mon enfance, je jouais avec les petits de mon quartier et avec le temps j’ai appris qu’il y a une équipe de football au Ceg Guéma, que j’ai intégré. Étant donné que ce sont les femmes qui jouent, et après ça j’ai intégré le club As Galaxie, qui était l’ancien Réal de Parakou, qui jouait au Lycée. Je pense que ma première séance avec les filles n’a pas été la joie. J’ai joué mais au retour j’ai eu des difficultés avec les parents à la maison.

Et à propos des parents, comment ont-ils accueilli votre décision ?

Oui je me rappelle de ma maman qui m’a donné des coups une fois arrivée à la maison. Que c’est parce que je n’ai rien à faire à la maison que je suis allée jouer et elle a pris mes crampons, elle les a jetés de gauche à droite. Ensuite je les ai ramassés en lui disant tue-moi, mais je vais jouer. C’est une période que je ne vais jamais oublier. Un moment de colère et de joie.

Et quelle était la réaction de papa ?

Étant donné que papa est un amoureux de football, lui il m’a même payé des crampons pour jouer. C’est vrai que maman elle n’a pas bien reçu ça…Bon avec le temps je lui ai dit que je lui ferai tous ces travaux avant de sortir, qu’elle ne s’inquiète pas pour ça. Donc avant d’aller à l’entraînement de 16h je m’arrange pour tout faire à la maison et je lui demande la permission. Je lui dis que je rentrerai très tôt. Donc, déjà à 18h30m, je suis à la maison. Et avec le temps comme elle même a appris qu’il y a des filles qui jouent, que je ne suis pas la seule, elle a commencé par accepter.

Vous êtes milieu du terrain, polyvalente, quelles sont les qualités d’un bon milieu de terrain?

D’abord au milieu du terrain, c’est celle là qui récupère les ballons qui ne perd pas les ballons disons, qui possède de bons coups d’œil, qui essaie de jouer avec ses ailiers. Fournir de bon ballon aux attaquantes pour qu’elles aillent marquer, qui supporte l’attaque. Aussi, puisque je joue principalement le milieu offensif, qui supporte l’attaque. Au milieu du terrain aussi, c’est une buteuse qui a la possibilité de marquer les buts. Mais ce qu’il faut au milieu du terrain, c’est de ne pas perdre le ballon parce que dès que le ballon est perdu au milieu, la défense n’est plus stable et c’est dangereux pour son camp.

Quel est votre plus beau souvenir ?

J’ai beaucoup de souvenirs. Le plus beau souvenir, c’est le jour où j’ai reçu mon trophée de meilleure joueuse un 08 mars au stade de Parakou où j’ai joué une finale organisée par mon club. Donc le jour de la finale j’ai eu mon trophée de meilleure joueuse, c’était mon plus beau souvenir.

Certainement vous avez un mauvais souvenir ?

Comme mauvais souvenir surtout quand mon équipe perd ça devient un mauvais souvenir pour moi. Ce qui m’a plus marqué c’est cette finale là à Niamey, où on nous a marqué 3-0. Ça m’a vraiment marqué. Une équipe avec laquelle on avait fait 1-1 à la première rencontre et là maintenant à une finale, qu’elle vienne nous gagner jusqu’à 3, c’était vraiment choquant.

Combien de sélections en équipe nationale ?

J’ai été sélectionnée au moins trois fois. La première fois c’était le championnat national de 2015. La deuxième fois, c’était le championnat de 2017 et tout récemment en 2020.

Quel est votre plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve dans le football c’est d’évoluer, allé jouer à l’extérieur pourquoi pas ! Et si ça ne marchait pas, devenir un coach. Encadré une équipe féminine, faire évoluer d’autres filles qui iront jouer ailleurs. Mais pour le moment, mon ambition, c’est moi-même d’abord, de jouer et me faire plaisir.

Malgré que vous jouez au football, vous n’aviez pas laissé les études, comment est-ce possible ?

L’erreur que tout ceux qui pratiquent le sport commettent, c’est de se dire qu’ils ne feront qu’uniquement que le sport. Mais moi je leurs dirai que c’est faux. Et d’autres disent aussi que le sport ne va pas avec autre chose comme les études. Je leurs dirai aussi que c’est faux. Je joue au football et je n’ai eu que deux échecs dans ma vie, échec au Bac c’est tout. J’ai échoué deux fois et cela ne m’a pas empêché de jouer au football. Aujourd’hui j’ai ma licence en Education Physique et Sportive et je suis enseignante. Donc je peux leurs dire que le sport peut aller vraiment avec les études. Le sport ne refuse pas les études, au contraire ça nous accompagne et nous donne une tête bien faite.

Un message à l’endroit des jeunes filles qui rêvent jouer au football ?

À ces filles j’aimerais dire ceci, avant, le football ne payait pas. Mais là je peux leurs dire que ça promet. Il y a des projets en cours pour le football féminin. Et nous avons remarqué que de nos jours, nos dirigeants veulent faire plus la promotion du football féminin. Alors je leurs dirai de vite s’intégrer dans des clubs et elles ne le regretteront pas. D’abord le football c’est un sport comme les autres qui développent l’intelligence, ça permet de nous maintenir en forme et de réfléchir aussi.

Un mot sur votre club, l’As Galaxie ?

Galaxie, plus qu’un club, c’est une famille. Franchement c’est une famille pour moi. J’ai des amies avec qui je partage tout, des dirigeants, qui quand j’ai des soucis, ils sont là pour me soutenir, donner des conseils, nous accompagner. J’ai des éducateurs aussi là. Parce-que celui qui vient te gronder parce que tu as fait quelque chose de mal, c’est une personne qui veut de ton bien. D’autres peuvent dire c’est bon, continue dans ce que tu fais mais eux ils disent non ce n’est pas bien et si tu es vraiment consciente, quand tu vas t’asseoir, tu te rends compte que ce n’était vraiment pas bien, il faut changer. Donc Galaxie, plus qu’un club est une famille pour moi.

Votre mot de la fin

Tout d’abord, je vous remercie, merci de m’avoir accueilli pour connaître un peu plus sur ma modeste personne. Je passerai par ce canal pour remercier tous les dirigeants, en particulier mes dirigeants qui font l’effort de faire la promotion du football féminin. La femme, ce n’est pas facile c’est vrai, mais on leur demande beaucoup de courage surtout de patience avec nous. Aux filles, je leur demande de mieux s’appliquer, c’est vrai que la coordination chez une femme est souvent difficile que chez un homme, mais courage courage à elles. À toutes les autorités du Bénin, je leur demande de ne pas s’arrêter sur ce qu’ils sont en train de faire et de continuer par faire la promotion de la femme. Vive le football au Bénin, en particulier à Parakou!

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