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CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DES PERSONNES HANDICAPEES AU BENIN

27 ans après, ce qu’il faut retenir

Depuis le 3 décembre 1992, le monde entier célèbre la Journée Internationale des personnes vivant avec un handicap. Proclamée par les Nations Unies, cette journée a pour objectif de favoriser l’intégration et l’accès à la vie économique, sociale, culturelle et politique des personnes vivant avec un handicap. Ainsi 27 ans après plusieurs efforts ont été menés au niveau étatique, mais les différentes luttes que mènent les différentes associations, institutions et organisations tardent à vraiment porter leurs fruits. Car les personnes vivant avec un handicap se sentent toujours délaissés.

Wahabou ISSIFOU

Selon la convention relative aux droits des personnes handicapées, on entend par personnes handicapées des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres. Ainsi dans son article 3, des principes ont été établis. Il s’agit entre autres du respect de la dignité intrinsèque, de l’autonomie individuelle, y compris la liberté de faire ses propres choix, et de l’indépendance des personnes ; la non-discrimination ; la participation et l’intégration pleines et effectives à la société ; le respect de la différence et de l’acceptation des personnes handicapées comme faisant partie de la diversité humaine et de l’humanité ; l’égalité des chances ; l’accessibilité ; l’égalité entre hommes et femmes et autres.

Malheureusement, c’est avec beaucoup de regret que les personnes handicapées constatent ces principes jetés à la poubelle dans presque tous les domaines de la société. C’est d’ailleurs ce que justifie Zimé Bio Wouré Lafia, président du Réseau des Associations de Personnes Handicapées du Borgou-Alibori (Raphba), « jusqu’à présent on rencontre d’énormes difficultés sur le terrain…dans l’article 44 de la constitution du Bénin, il y a toujours cette article qui est en train de faire une barrière à la candidature des personnes handicapées à la magistrature suprême, ce qui veut dire qu’ils ont le droit de voter mais qu’ils n’ont pas le droit d’être candidat aux élections présidentielles…jusqu’à présent l’Etat, les institutions et autres continuent par ériger des infrastructures sans accessibilité des personnes en situation de handicap. Il ne suffit pas de mettre les pentes, il faut aussi penser aux handicapés visuels… ». Même son de cloche chez Yves K. handicapé visuel qui pense qu’il est marginalisé simplement en voulant traverser la voie. « Je sens des personnes passées près de moi, mais difficilement je trouve une personne pour m’aider à traverser la route. Avec ma canne blanche, c’est carrément impossible», a-t-il fait savoir avec regret.

Zimé Bio Wouré Lafia a tout de même reconnu que des efforts ce font au niveau étatique mais quant à la base, il reste beaucoup à faire. « L’Etat central a déjà pris conscience avec l’arrivée des partenaires et autres. Les maires et les conseillers communaux doivent prendre conscience pour commencer par inclure les personnes handicapées dans leur gestion. Ce qui veut dire, commencer par prévoir quelque chose dans le budget communal à octroyer aux personnes handicapées, à accompagner la formation des populations sur le handicap et l’acceptation du handicap, à impliquer les personnes handicapées dans la réalisation des infrastructures », a-t-il souhaité.

Ainsi, Il faut que la société, les structures publiques comme privées se mobilisent et se rendent disponibles à offrir aux personnes vivant avec un handicap une égalité de chance car le handicap n’arrive pas qu’aux autres.

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