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CHRONIQUE DES US ET COUTUMES

Le dernier rempart d’une société en pleine déconfiture

Sous la pression des vents violents de la modernisation avec les péripéties auxquelles l’Afrique a été sujette pendant des siècles, les sociétés africaines sont entrées dans une phase de déconfiture sans précédent. Ainsi, les fondamentaux qui faisaient des sociétés africaines des oasis de bonheur et d’humanité ont presque tous disparu laissant la place aux déviances comportementales à tous les niveaux dans la société. Par conséquent, les sociétés africaines qui jadis étaient distinguées par le respect du sacré, le respect des aînés, la préservation de l’honneur familial et tribal, la solidarité et la joie; sont devenues des jungles dans lesquelles l’homme est un loup pour l’homme. Chacun vit désormais selon ses penchants sans se soucier du lendemain ou des autres, le bonheur n’est plus la chose la mieux partagée comme au temps de nos aïeux. Ce temps où après les récoltes, on organisait des fêtes et des jeux pour rendre heureux tout le monde. Nos fêtes au clair de la lune pour un mariage, une naissance et même pour un décès sont devenues de tristes souvenirs nostalgiques dont ne se remémorent que quelques rescapés de la tragédie de l’histoire.

Mais heureusement, l’espoir est encore permis dans cet environnement de confusion. Cet espoir réside dans les noyaux de préservation du peu qui nous reste après que tout ait été saccagé et dénaturé par certains enseignements mal compris des religions révélées venues nous assaillir de toute part. Le brin d’espoir pour la restauration des sociétés africaines réside dans la royauté.
Après donc l’échec de la modernisation de l’Afrique au plan moral, la royauté est désormais le dernier rempart pour sauver nos sociétés en pleine déconfiture. Bon nombre de pays anglophones l’ont très tôt compris et en bénéficient déjà. Puisque tant que la royauté ne sera pas restaurée et adaptée aux besoins des temps modernes, le développement de l’Afrique serait une utopie. Ainsi, la chefferie traditionnelle doit cesser d’être un figurant dans la gestion des affaires publiques de nos sociétés africaines, mais un maillon reconnue légalement comme acteur de développement, et traité dignement comme tel. Bien que le pouvoir traditionnel soit relégué dans l’informel puisque n’ayant été pas pris en compte par les nouveaux systèmes mis en place; il reste une force incontournable dans le règlement de plusieurs conflits dans nos hameaux.

Dans la conscience collective, la royauté demeure donc un recours très accessible et fiable même si elle semble être fragilisée par l’État moderne. Alors, pour des résultats probants dans certaines luttes que mènent les États modernes, l’implication effective de la chefferie traditionnelle n’est pas à négocier. Ainsi, sur des questions de l’égalité genre, la sécurisation des terres, le respect du bien public, la sécurité des personnes et des biens, la royauté a un rôle à jouer.
Au demeurant, la royauté se révèle de plus en plus comme une potentialité non négligeable pour un réel développement de l’Afrique.

Edouard ADODE

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