284 vues

CROISSANCE ECONOMIE

Forces et faiblesses du Pib du Bénin

L’indice principal qui permet de mesurer la croissance économique dans un pays est le Produit Intérieur Brut (Pib). Depuis trois ans, le Bénin fait d’incroyables bons en ce qui concerne son Pib grâce à plusieurs facteurs d’ordre économique, social, politique et institutionnel. Malgré cet accroissement spectaculaire, l’économie béninoise reste fragile à cause de certains goulots d’étranglement qu’il faille lever pour une économie se portant davantage mieux pour le bonheur du commun des béninois.

Edouard ADODE

De 2,09% en 2015, le Pib du Bénin est projeté à 6,9% en 2019, après 4% en 2016, 5,6% en 2017 et 6% en 2018, selon un rapport de la Banque mondiale publié le 1er avril 2019. L’économiste Aimé Kocou Dadégnon le définit comme « l’ensemble de biens et services marchands et non marchands à l’intérieur d’un territoire économique donné au cours d’une année ». Alors, la croissance du Pib du Bénin au cours de ces trois dernières années est le signe de la bonne santé de l’économie béninoise sous l’impulsion des reformes du chef de l’Etat Patrice Talon.
Pour mieux comprendre cette croissance qui est en cours dans le pays, il est important de savoir les éléments qui entrent en ligne de compte dans l’évaluation du Pib d’un pays. Selon Aimé Kocou Dadégnon, les éléments qui sont pris en compte pour la détermination du Pib d’un pays sont divers et varient selon les approches de calcul adoptés. Ainsi, le Pib peut prendre en compte « la somme de toutes les dépenses ou ventes effectuées au cours d’une année donnée. Il s’agit de dépenses des individus et des ménages…, les dépenses d’investissements des entreprises, les dépenses gouvernementales et la valeur de toutes les exportations de biens et services à l’étranger », a fait comprendre l’économiste.

Les forces de l’économie béninoise

Le Pib étant un indice macro-économique, celui du Bénin est en croissance à cause des nombreuses reformes entreprises par le gouvernement de la rupture. Au nombre de ces reformes, la lutte sans merci contre la corruption et qui permet la sécurisation des ressources de l’Etat, occupe une bonne place. Les investissements publics entraînent également à la hausse le Produit Intérieur Brut.
La production record du coton au Bénin ces dernières années est un facteur très important contribuant à ces résultats spectaculaires qui vont sans cesse grandissantes. Selon les informations recueillies sur le site de ‘’Jeune Afrique’’, « avec une production de 597 986 tonnes en 2017-2018, le secteur cotonnier a connu une croissance de 222% en volume par rapport à la campagne 2015-2016, où la production s’établissait à 269 222 tonnes ». Ce résultat a permis au pays générer plus de 150 milliards de francs Cfa dont 92 milliards directement aux producteurs et autres prestataires de services du secteur, selon la même source. C’est d’ailleurs ce que confirme l’économiste qui dégage que « les principales raisons de cette amélioration sont entre autres, l’amélioration des prix des produits sur les marchés, l’augmentation des productions marchandes surtout le coton, les reformes institutionnelles etc ». La bonne santé du port autonome de Cotonou fait également partie des facteurs clés de la croissance du Pib.
De même la proximité du Bénin avec le Nigéria constitue un grand atout pour le pays sur le plan économique puisque la réexportation et le transit vers ce pays font 20% du Pib du Bénin. De même la stabilité politique notée dans le pays depuis les années 90, joue favorablement dans cette croissance économique.

Les faiblesses de l’économie béninoise

En premier lieu, malgré le fait que le Nigéria constitue un pilier pour l’économie béninoise, il se présente également comme une faiblesse pour l’accroissement du Pib au Bénin. Tout simplement, la proximité entre les deux nations encourage le secteur informel qui est un poids pour l’économie nationale. Le secteur informel agit négativement sur l’économie nationale freinant ainsi son accroissement.
Le climat des affaires connait assez d’amélioration dans le pays, mais il faudra un assainissement de l’environnement des affaires pour attirer des investissements étrangers. De même, la non diversification des produits d’exportation constitue un frein pour une croissance économique accélérée. Puisque depuis 1960, le coton est resté le seul produit le plus exporté au Bénin.
Néanmoins, l’économiste Aimé Kocou Dadégnon constate que « le Bénin est sur le bon chemin en terme de production mais tant qu’il reste à faire, rien n’est fait ». Alors pour parvenir à un taux de croissance reluisant, il conseille, « nous devons ardemment travailler pour satisfaire notre demande intérieure. Réduire donc considérablement nos importations et faire la promotion des exportations ».

284 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *