EDITO : Au-delà de Yaya et Gansè !

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Il y a de cela quelques semaines en arrière, la partie septentrionale du Bénin était sous la fièvre des commentaires et réactions engendrés par les propos racistes de l’ancien ministre d’Etat Aboubacar Yaya. Ce qui avait même donné lieu en son temps au concept « Je suis Somba ».
Au moment où le peuple béninois est en train de tenter d’oublier cet épisode tumultueux grâce à la préoccupation de l’heure qui focalise les attentions, on était loin de penser que derrière Yaya, se trouvait Armand Gansè qui partageait, bien avant, cette philosophie tribaliste grave à l’unité nationale. Une philosophie qui stipule que certaines races seraient des authentiques dans certaines régions du pays et par ricochet, les autres seraient des sous races. Or, selon la constitution béninoise, le Bénin est un et indivisible. Ainsi, chaque citoyen reste béninois où qu’il se trouve.
Mais au-delà de Yaya et Gansè, cette idéologie raciste se présente comme un virus qui fait ravage au sein de la société béninoise en sourdine. Ceci surtout dans le rang de certaines autorités béninoises qui jusque-là, ont de la difficulté à faire la promotion d’un béninois qui n’est pas de leur race quelle que soit sa compétence. Peu sont ces cadres béninois qui choisissent leurs collaborateurs sur des bases purement objectives. Le racisme est bel et bien le quotidien des béninois qui ne vivent qu’une unité de façade pour tout simplement éviter la guerre.
Ainsi, les rares cadres qui se font distinguer en faisant fi les critères régionalistes ou raciaux pour faire la promotion des béninois méritants autour d’eux, ils sont traités comme des ‘’vendus’’ ou des ‘’perdus’’. Comme le traduit aisément cet adage qui est utilisé dans maintes de ces situations, « il a vendu la maison pour acheter le champ ». Dans les services tout comme dans les marchés, cette manière de voir les choses est à peine voilée.
Alors, au lieu de simplement condamner les politiciens qui par mégarde disent haut, ce que tout le monde pense bas, il est important de renforcer le sentiment de citoyenneté chez le béninois par une éducation appropriée.

Edouard ADODE

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