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ÉDITO

Elias sur un cheval borgne!

Célèbre acteur de la société civile béninoise des deux dernières décennies, Jean-Baptiste Elias est un nom qu’on ne saurait occulter dans la lutte contre la corruption au Bénin. Cet homme a donné le meilleur de lui-même pour que la corruption et le détournement des deniers publics soient un triste souvenir au Bénin. Point besoin de rappeler les grands dossiers que l’homme aux mains pures dénichaient et exposaient à la place publique. Ce qui faisait trembler corrompus, corrupteurs et détourneurs.
Ce nom a résonné d’ailleurs au-delà du Bénin juste à cause de l’engagement et la détermination de l’homme prêt à déraciner ce mal qui était devenu endémique dans son pays. Sa voix tonnait sur les ondes comme le tonnerre qui annonce l’orage d’espoir pour un monde de justice et d’équité. Si Jean-Baptiste fut un philosophe antique, il serait appelé Kant.

Mais quelques années après, les béninois ont l’impression que la bataille dans laquelle Elias s’était engagé depuis des décennies est déjà à son terme. Puisque visiblement, les sorties publiques de l’homme sont devenues rares avec des dossiers de moins en moins lourds. Alors, c’est à croire que le Bénin a presque vaincu la corruption et les détournements. Si tel est le cas, bravo à Elias et sa troupe. Mais comme dans toute bataille, ce calme pourra également signifier que le vaillant combattant Elias aurait été capturé par ce qu’il combattait. Un scénario difficile à imaginer au vue de la hargne et de la rage avec lesquelles l’homme défendaient certains dossiers très lourds et très sensibles.

Alors, c’est quand le silence de l’homme devient de plus en plus inquiétant qu’il surgit porté sur un cheval dans un élan abracadabrant avec son épée en main. C’est alors que les oreilles furent tendues pour écouter un autre exploit du chevalier. Hélas, en lieu et place d’un lourd dossier, le président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (Anlc) a annoncé des séances de sensibilisation dans les collèges, lycées et universités.

Cette fois-ci, le chevalier de l’extrême est sur un cheval borgne, puisque quelques heures de sensibilisation dans les établissements ne pourront pas corriger la mentalité du béninois pour qui la corruption fait partie de l’ordre normal des choses. Par conséquent, il va falloir que le chevalier change de cheval en luttant pour l’insertion dans les curricula de formation une éducation civique conséquente par des enseignants exemplaires. Ainsi sera gagné le combat pour la restauration des valeurs patriotiques.

Edouard ADODE

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