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ÉDITO

Et si Yayi se soignait d’abord?

La journée du lundi 17 juin dernier a été une journée de deuil pour l’Égypte qui a perdu l’un de ses anciens présidents Mohamed Morsi. Une mort triste dont les circonstances de survenance semblent se présenter comme un cas d’école pour le monde entier et particulièrement pour le Bénin qui s’apprête à vivre une expérience douloureuse de son histoire. L’ancien président égyptien Mohamed Morsi est passé de vie à trépas pleine audition devant la justice de son pays.

Juste au lendemain de ce triste événement de l’Égypte, au Bénin, le procureur de la République du tribunal de première instance de première classe de Cotonou Mario Mètonou annonce que bientôt des mesures coercitives seront prises contre l’ancien président de la République du Bénin Thomas Boni Yayi qui n’a pas daigné répondre aux convocations du juge d’instruction dans le dossier des violences électorales des 1er et 2 mai dernier. Or, le fait qu’il soit en résidence surveillée depuis ces événements malheureux, est déjà une mesure coercitive qui ne dit pas son nom.

Certes, nul n’est au dessus de la loi, mais compte de la fragilité de l’état de santé de Boni Yayi comme annoncée par ses avocats juste après la première convocation du juge d’instruction à lui adressée, autoriser l’ancien chef de l’État à aller se faire soigner ne serait-il pas mieux ? Prendre des mesures contraignantes contre une personne qui se fait passer pour grabataire, permettrait-il la manifestation effective de la vérité ?

D’ailleurs, nul ne conteste qu’il y aurait des preuves de l’implication directe de Boni Yayi dans les tristes événements du 1er et du 2 mai dernier, cependant, il est clair que jusque là, l’ancien chef de l’État continue de bénéficier de la présomption d’innocence, et il lui faut être en bonne santé pour répondre convenablement des actes qu’on lui reproche.

Alors, la justice béninoise a désormais le devoir de s’inspirer du cas de l’égyptien Mohamed Morsi qui désormais doit servir de jurisprudence en Afrique pour éviter de précipiter d’autres anciens chefs d’Etat à l’au-delà en pleins ennuis judiciaires. Car, fut-il même mauvais que Hitler, un ancien président de la République est une icône pour sa Nation.

Prioriser la santé de Boni Yayi à toutes mesures coercitives, serait pour l’heure salutaire à toute la Nation béninoise.

Edouard ADODE

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