ÉDITO : Un faux pas !

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La révision de la constitution béninoise est l’un des exploits à mettre au compteur de la rupture après plusieurs tentatives infructueuses. Même si certains observateurs n’apprécient pas la procédure qui a conduit à cet exploit, il n’est pas moins vrai que cette révision constitue une avancée pour le droit positif béninois qui peinait à s’adapter à certaines exigences légales de la sous sous région notamment l’instauration de la Cour des Comptes pour plus de transparence dans la gestion des deniers publics.
Ainsi, on s’attendait à la mise en œuvre de cette innovation constitutionnelle qui permettra d’endiguer la corruption, le blanchiment de fonds et les détournements de deniers publics par le renforcement des déclarations du patrimoine des autorités élues et nommées à un certain niveau de responsabilité dès leur prise de fonction conformément à la N°2011-20 portant lutte contre corruption. Mais il est étonnant de constater que le parlement béninois vient d’abroger l’aliéna 2 de l’article 3 de cette loi faisant de cette exigence légale une option facultative laissée au gré de l’exécutif.
Alors, aux termes de la nouvelle loi N°2020-09 portant création, organisation et fonctionnement du Haut Commissariat à la Prévention de la Corruption (Hcpc) en lieu et place de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (Anlc), c’est par décret que le gouvernement désignera les personnalités astreintes à cette formalité. Par conséquent, cette modalité pourra régulièrement connaître des modifications selon les penchants des gouvernements.
Or, au vue de l’importance de la déclaration systématique du patrimoine par les élus et les personnalités nommées à certaines hautes fonctions de l’Etat, la désignation des personnes concernées ne devrait pas être confiée à l’exécutif qui est aussi contrôlé par le législatif, de peur qu’elle ne soit transformée en instrument démagogique.
Point besoin de démontrer l’ambition de Patrice Talon d’assainir les finances publiques au travers d’une lutte implacable contre toutes formes de malversation financière. Une lutte dont les résultats sont déjà perceptibles à tous les niveaux, mais cette abrogation semble déjà être un grand faux pas pouvant ouvrir des brèches pour des déviances ou des fantaisies à l’avenir.

Edouard ADODE

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