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EXPOSITION ET VENTE DES CERCUEILS AU BORD DES VOIES DANS LA COMMUNE D’AVRANKOU,

Une activité rentable mais aux préjudices énormes à la population

S’il y a un fait qui attire plus l’attention, en tout cas pour les nouveaux venus dans la commune d’Avrankou, c’est l’exposition des cercueils au bord des voies, non seulement secondaires mais aussi des voies principales, notamment celle quittant Porto-Novo pour Igolo. Une activité certainement rentable pour menuisiers et vendeurs au grand désarroi de la population.

Charles Honvoh

La commune d’Avrankou dans le département de l’Ouémé est située entre la commune d’Adjarra et celle d’Ifangni dans le département du Plateau, en quittant la ville capitale pour Igolo. Juste à l’entrée d’Avrankou, c’est l’exposition des cercueils aux abords de la voie principale, la voie inter-Etats Porto-Novo-Igolo qui retient l’attention. Un constat récurrent qui visiblement n’interpelle plus personne.

Lors d’une descente effectuée le samedi 30 novembre dernier devant l’atelier du menuisier Gbènoukpo situé à quelques encablures du collège d’enseignement général 1 d’Avrankou, le mal est à la limite légalisé. En effet, l’homme fièrement encadré par ses mobiliers destinés à la tombe s’attelait à apporter les dernières retouches de rabots aux différentes planches pour monter un nouveau cercueil alors qu’une demi-douzaine était déjà exposée. Volontiers de se prêter aux questions, il explique qu’à ce jour, c’est l’activité la mieux rentable pour un menuisier vu que les clients se font rare pour les meubles et qui d’ailleurs, peinent à tenir les engagements. Chaque jour que Dieu fait, le bonheur peut lui taper à la porte selon qu’il y a un décès et d’ailleurs, les weekends sont ses périodes de grande fortune. A l’en croire, le marché de cercueil coule mieux et au bout du mois la recette est considérable. Même au repos, son numéro téléphonique est affiché à l’atelier et il suffit d’un coup de fil pour qu’il vienne satisfaire la clientèle. S’agissant du prix, Gbènoukpo déclare qu’il évolue de 15 000F à 80 000f voire 150 000F selon la qualité. Qu’en est-il de l’effet projeté par cette exposition de cercueil au regard des riverains, le menuisier s’en moque éperdument et se justifie par l’impératif de la mort qui attend tout être vivant.

La mairie au ban des accusés

Un tour à la mairie d’Avrankou, aucune disposition légale n’interdit l’exposition des cercueils aux abords des voies publiques. L’autorité ayant requis l’anonymat déclare que seules les séances de sensibilisation pourraient réduire le phénomène.
Pourtant, dans une commune frontalière, en l’occurrence, la commune d’Akpro-Missérété, le maire Michel Bahou, par une décision, a interdit l’exposition et la vente des cercueils aux abords des voies publiques car selon lui, ces menuisiers et autres vendeurs de ce chef d’œuvre s’adonnent à des pratiques diaboliques suscitant des décès tragiques. Mieux, le préfet du département du Couffo, Christophe Amègbédji, à travers un arrêté préfectoral, a interdit l’exposition au bord des voies des cercueils dans le but de faire des publicités. Selon lui, ces mobiliers d’un genre un peu particulier doivent être exposés dans des magasins et non au vue et au su de tout le monde.
L’avis du sociologue
A en croire le sociologue Paterne Logbo, l’exposition des cercueils au bord des voies est l’un des dérapages de la publicité qui enfreignent aux règles de la société car selon lui, tous les produits destinés à la consommation ne sont pas favorables aux tapages, encore moins à l’exposition. S’agissant justement des cercueils, il cite les cœurs sensibles et surtout les âmes déjà meurtries par des événements malheureux qui reçoivent des chocs à la vue de ces mobiliers qui ne devraient pas être exposés. On pourrait donc assister à des traumatismes auprès de ces derniers d’où, son invite aux autorités pour mettre fin aux erreurs de cette frange de la population.

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