LE PREFET LYDIE CHABI NAH SUR ‘’AUTORITÉ A LA LOUPE’’ : « Je me suis engagée personnellement à combattre les grossesses en milieux scolaires et lieux d’apprentissage », dixit Mme le préfet

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LE PREFET LYDIE CHABI NAH SUR ‘’AUTORITÉ A LA LOUPE’’

« Je me suis engagée personnellement à combattre les grossesses en milieux scolaires et lieux d’apprentissage », dixit Mme le préfet

 

 

Votre nouvelle rubrique « Autorité à la loupe » qui vous donne désormais rendez-vous dans les colonnes de votre journal Daabaaru, reçoit pour le compte de son deuxième numéro le Préfet du département de l’Atacora Déré Lydie Martine Chabi Nah. Première femme préfet de l’ère de l’effectivité, Lydie Chabi Nah est une amazone des temps moderne. Dans un entretien dont nous vous proposons l’intégralité, elle parle de son parcours académique, professionnel et politique. Elle aborde également la gestion du président Patrice Talon. Ses actions, ambitions et rêves vous sont livrés dans les lignes qui suivent. Elle a été reçue par Barnabas Orou Kouman, lisez plutôt.

 

Nous aimerions vous connaître Madame le Préfet.

Je suis Déré Lydie Martine CHABI NAH, Préfet du Département de l’Atacora.Q

LE PREFET LYDIE CHABI NAH SUR ‘’AUTORITÉ A LA LOUPE’’

« Je me suis engagée personnellement à combattre les grossesses en milieux scolaires et lieux d’apprentissage », dixit Mme le préfet

Quelle est votre situation matrimoniale et quel a été votre parcours académique et professionnel ?

Je suis femme au foyer, je vis sous l’autorité d’un homme dont le soutien permanent me permet de concilier mes fonctions et ma vie conjugale.
Revenant au second pan de votre question, j’ai obtenu mon baccalauréat série G2 en 2000 au Cours Secondaire « Les Cheminots » qui m’a permis de m’inscrire à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques (FADESP) de l’Université d’Abomey-Calavi d’où quatre ans après, je sortis titulaire d’une maîtrise en droit privé. Dans ma soif et ma quête permanente du savoir, après quatre ans de terrain, je me retrouvai ensuite à l’École nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) de Ouagadougou au Burkina-Faso d’où je sors en 2012 titulaire d’un diplôme d’administrateur civil. Sans être exhaustive, j’ai entre autres servi à la mairie de Kouandé, au Service de la Tutelle, du Contentieux et de la Coopération Décentralisée de la Préfecture de Natitingou dans le cadre du programme de relève initié par le PDDC/GIZ. J’ai également été Assistante de Direction à la GCITT-SA Bénin, Conseillère Juridique à l’ONG COSEPOH.J’étais l’assistante de mon prédécesseur, c’est-à-dire de l’ancien Préfet des départements de l’Atacora-Donga Gervais T. N’Dah Sékou.

Qu’est-ce que beaucoup ne savent pas de vous Madame le Préfet ?

Absolument rien de ce qu’ils devraient savoir.

Vous êtes la seule femme préfet de l’ère de l’effectivité de la déconcentration. Comment gérez-vous votre département ?

La seule femme ! Je suis flattée, mais je pense qu’il y en a eu d’autres avant moi. Je tiens d’abord à préciser que mon département qui est l’un des plus anciens, est découpé en neuf communes à savoir : Kérou, Kouandé, Péhunco, Boukoumbé, Cobly, Matéri, Tanguiéta, Toucountouna et Natitingou qui est le chef-lieu. Sans aller dans les spécificités, conformément aux dispositions de la loi n° 97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l’Administration territoriale de la République du Bénin, je représente le Gouvernement et chacun des ministres pris individuellement dans mon département. A ce titre, je suis dépositaire de l’autorité de l’État, je veille à l’application de la politique nationale déterminée et conduite par le Chef de l’État. Je suis également chargée de la tutelle des collectivités territoriales décentralisées, de la mise en œuvre des projets à caractère départemental, de la supervision, de l’harmonisation et du contrôle de toutes les activités des services techniques déconcentrés de l’État au niveau départemental. Pour conduire à bien ces différentes missions et promouvoir par la même occasion la bonne gouvernance et apporter le mieux-être aux populations de mon département, j’ai opté pour une gouvernance concertée, empreinte de rigueur, de l’engagement de tous mes collaborateurs tout en faisant de la synergie d’actions, le crédo de tous, le professionnalisme, le quotidien de chacun et la recherche de l’efficience comme objectif permanent. Je fais partie de ceux qui pensent que sentiments et rigueur ne font pas bon ménage, qu’avec les sentiments, on passe toujours à côté et que seule la rigueur dans le respect et le bon sens permet d’atteindre l’idéal.

En dehors du rôle qui vous est dévolu en tant que préfet, quelles sont les actions que vous menez visant à sortir les communes de votre département de l’enclavement ?

Mis à part ce qui est déjà entrepris où est en train d’être envisagé par le Gouvernement dans cette dynamique, depuis ma prise de fonction je me suis engagée personnellement à combattre les grossesses en milieu scolaire et lieu d’apprentissage. Un combat qui, au regard de sa noblesse et sa pertinence a tôt fait d’obtenir l’adhésion de tous les acteurs œuvrant dans la protection et la promotion des droits des enfants en général et ceux des filles en particulier. Ainsi, avec l’accompagnement de Plan International Bénin, le Fonds des Nations Unies pour la Population qui font partie des organisations phares œuvrant dans le domaine, nous menons la campagne Atacora zéro grossesse en milieu scolaire et d’apprentissage pour mille opportunités à l’horizon 2020. Une campagne qui nous a permis d’avoir une baise de 30% du phénomène selon les chiffres du premier trimestre de l’année en cours. Je me suis aussi engagée à promouvoir l’excellence féminine. C’est ainsi que j’ai associé le volet excellence à l’initiative Atacora zéro grossesse en milieu scolaire et d’apprentissage pour mille opportunités à l’horizon 2020. Avec le soutien de la Fondation Claudine Talon, j’ai primé les filles premières au baccalauréat 2017 dans chacune des communes du département et les trois premières au CEP et au BEPC du département.
Dans le souci du respect de la loi interdisant les mutilations génitales des femmes, j’ai organisé au sein des communautés plusieurs actions de sensibilisation contre les tentatives de reprise de l’excision en milieu Waao.
De plus, avec l’engagement de tous les maires de mon département, je mène une lutte sans merci contre l’alcool frelaté dans les neuf communes de l’Atacora.

 Vous avez organisé tout récemment une initiative visant à lutter contre les grossesses en milieu scolaire. Dites-nous d’où est partie cette idée et quelles ont été les actions menées ?

Merci de vous intéresser à cette initiative qui, ma foi, mérite l’engagement de tous. En fait, l’idée de ce combat est née de l’ampleur que continuait de prendre le phénomène. Lorsque quelques mois après ma prise de fonction j’ai reçu les statistiques de la direction départementale de l’enseignement secondaire et celle de la famille et des affaires sociales sur le fléau, j’ai eu froid au cœur. C’est ainsi que j’ai initié la « Semaine de la fille de l’Atacora » qui, grâce à l’accompagnement des différents partenaires que j’ai cités plus haut, est devenue « Campagne Atacora zéro grossesse en milieu scolaire et d’apprentissage pour mille opportunités à l’horizon 2020 ». Au regard de l’ampleur et de l’enracinement du mal, il fallait d’abord définir avec rigueur les actions phares à mener. C’est ainsi que nous avons organisé un atelier qui a réuni tous les acteurs intervenant dans le domaine aux fins de définir le contenu de cette campagne. Ensuite, en respect aux directives de l’atelier, nous avons lancé officiellement la campagne, installé les comités communaux de la campagne et commencé les actions de sensibilisation sur le terrain. Aussi, ai-je pris des actes pour interdire un certain nombre de comportements qui encouragent la chose, notamment la présence des élèves dans les débits de boissons et autres ; sans oublier la phase répressive qui a été déclenchée avec à la clé, plusieurs auteurs interpellés pour répondre de leurs actes devant la justice. Le combat se poursuit et personne ne sera de trop pour l’atteinte de l’idéal zéro grossesse d’ici 2020.

 Qui dit préfet, dit nombreuses sollicitations, comment gérez vous ces situations dans votre département ?

Les sollicitations ! J’avoue que c’est pas du tout facile, mais puisque cela fait partie des contraintes de la fonction, avec l’appui de mon cabinet, je fais de mon mieux pour être à la hauteur et combler à la mesure de mes forces les attentes des uns et des autres.

Quel bilan faites-vous des deux ans de Patrice Talon à la tête de notre pays ?

Je voudrais d’abord saluer ici l’engagement et la détermination du Chef de l’Etat Patrice Talon et son gouvernement pour révéler notre pays le Bénin au monde. Des nobles et judicieuses réformes entreprises, à l’assainissement de la vie publique, en passant par la reconstruction du Bénin à travers la mise en œuvre des chantiers phares de son programme d’action, le bilan des deux ans du gouvernement de la rupture est plus que satisfaisant. Si je me réfère à mon département par exemple, comme le Chef de l’Etat l’a promis dans le PAG, de faire de l’Atacora le premier pôle touristique du Bénin et de la sous-région, nombre d’actions ont été déjà menées dans ce sens. D’abord, des réformes au parc national de la Pendjari avec son nouveau gestionnaireAfrican Parks Network, qui ont permis à l’une des grandes réserves de biosphère de l’Afrique de l’Ouest de se dévoiler au monde touristique. Développement des infrastructures, sécurisation, conservation de la biodiversité et recherche scientifique, construction de piste d’atterrissage d’avions, le gouvernement envisage aussi la réhabilitation de l’axe routier Tanguiéta-Sampéto. Un point d’honneur est également mis sur le développement des infrastructures hôtelières. À terme, cette nouvelle dynamique permettra d’attirer au moins 9.000 touristes. Déjà, de septembre 2017 à avril 2018, plus de cinq mille visiteurs payants sont entrés dans le Parc, générant ainsi plus de 45.000.000. Au-delà du Parc, nous avons le projet Tata Premium de Boukoumbé.
Dans le domaine des infrastructures routières, sans être exhaustive, nous avons les travaux d’aménagement et de bitumage de la route Natitingou-Boukoumbé- Korontière, déjà à un taux d’exécution de 35%, le reprofilage de plus de 3747 Kilomètres de voies. La construction de la route Djougou-Péhunco-Kérou-Banikora dont les dernières formalités pour la prise en compte des préoccupations des populations et des autorités locales sont entrain d’être prises. A cet effet, une mission de la Banque Africaine de Développement (BAD) était la semaine dernière dans les communes concernées. Ces démarches annoncent le démarrage imminent des travaux de cette route qui viendra désenclaver des communes de l’Atacora telles que Kouandé, Kérou et Péhunco (2KP). Nous avons le projet asphaltage pour la ville de Natitingou dont les travaux vont démarrer sous peu, parce qu’après les études de terrain déjà bouclées, il est demandé aux populations qui occupent encore les emprises des voies qui sont prises en compte de les libérer au plutard le 31 juillet 2018.
Dans le domaine de l’accès à l’eau potable, nous avons la réalisation d’une centaine d’adductions d’eau villageoise sans parler des forages. Au niveau de la santé, on peut noter entre autres la construction et l’entretien de plusieurs infrastructures sanitaires dans les communes de Boukoumbé, Kérou, Péhunco, Kouandé, Natitingou et j’en passe volontier.
Dans la mise en œuvre du volet social de son programme d’action, le gouvernement a fait don d’importants lots de matériels et d’équipements de transformation aux groupements de femmes dans presque toutes les communes de l’Atacora, par exemple l’appui du ministère du travail de la fonction publique et des affaires sociales aux groupements de femmes de Sorotori de Kotopounga ; de Djimakupoulo, de Wahala-thema (Sourou-bayayé) dans les communes de Natitingou et de la zone Pendjari.
A tout cela s’ajoutent les dons de vivres et autres aux orphelinats, l’octroi de plus de 50 millions de FCFA aux braves femmes de mon département, dans le cadre des microcrédits aux plus pauvres nouvelles générations. Mon département a aussi bénéficié du Projet Emploi des Jeunes à travers l’autonomisation des centaines de jeunes. Comme c’est souvent le cas dans le social, nombre d’actions ont été menées mais dont les acquis ne peuvent pas être quantifiés.
En plus des nouvelles dispositions prises dans le secteur de l’énergie par le gouvernement dont les impacts positifs sont perceptibles, l’électrification rurale a connu une véritable révolution. Plusieurs villages de l’Atacora bénéficient aujourd’hui de l’énergie électrique. Nous avons Datori dans la commune de Cobly, Kouandata dans celle de Natitingou, Tampégré dans Toucountouna et Guilmaro dans Kouandé. Dans d’autres villages comme Fo-Tancé, Ganikpérou, Pelina, Tikou et le quartier Ourbouga de Natitingou dans la zone du Parking gros porteur où les travaux d’électrification entrepris par le gouvernement à travers l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie sont presque à terme.
Aussi, vous n’êtes pas sans savoir que ce sont les départements de l’Atacora et de la Donga qui battaient le triste record en termes de braquages et autres actes d’insécurité, mais avec les réformes opérées dans le domaine de la sécurité et l’accompagnement aussi bien matériel que financier, nous avons constaté une réduction drastique des actes d’insécurité. Le chapelet est bien trop long pour seulement deux ans de gouvernance.

Mme le Préfet a-t-elle des ambitions politiques ?

J’aime surprendre dans mes projets.

Qu’avez-vous à dire spécialement aux jeunes filles de votre département et du Bénin ?

A l’endroit de mes jeunes sœurs, j’ai essentiellement un message d’invite au travail, à l’abnégation et à la confiance en soi. L’homme qui déclare son attachement à votre personne sans vous encourager à de meilleures performances académiques est un potentiel obstacle à votre avenir. Et les jeunes filles doivent prendre conscience du rôle social que leur confère leur statut de femme. Victor Hugo disait que « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Et je complète en disant que chaque « fille qu’on éduque est une caution apportée au développement d’une nation ».

Votre mot de la fin madame le préfet ?

On dit souvent que la reconnaissance est une vertu cardinale en Afrique. Aussi, voudrais-je témoigner toute ma gratitude au gouvernement et à son chef pour la place de choix accordée à mon département dans la mise en œuvre des actions de développement, remercier le journal Daabaaru pour l’attention portée à ma modeste personne et à mon département. Par la même occasion, je voudrais exhorter les populations de mon département à accompagner les actions du gouvernement de la rupture pour un département de l’Atacora prospère et n°1 en destination touristique dans la sous-région.

Journaliste : Barnabas OROU KOUMAN, Directeur de Publication du quotidien Daabaaru. Contact : 95023404

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