MARCHE INTERNATIONAL ARZEKE : Un géant pôle d’intégration sous régionale à Parakou . Sa géographie, son histoire, ses atouts, les problèmes de sa gestion

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MARCHE INTERNATIONAL ARZEKE

Un géant pôle d’intégration sous régionale à Parakou

. Sa géographie, son histoire, ses atouts, les problèmes de sa gestion

Autrefois appelé marché “en commun” à cause des vendeurs des pays limitrophes au Bénin qui y venaient écouler leurs marchandises, le marché international Arzèkè de Parakou est l’un des plus grands marchés du Bénin; le deuxième d’ailleurs. Il s’étend sur une superficie de 10 530m2 et possède des atouts et des commodités qui facilitent l’installation non seulement des autochtones mais aussi et surtout des allochtones. Il représente un pôle incontestable d’intégration sous régionale. Cependant, au-delà de cette qualité, le marché international Arzèkè de Parakou n’est pas exempt de difficultés ce qui entrave d’ailleurs son rayonnement.

Wahabou ISSIFOU

Erigé en plein cœur de la cité des Kobourou depuis les années 60, le marché Arzèkè ou le marché central de Parakou était constitué au départ d’une boucherie construite par les colons. Ensuite les hangars ont suivi, environ dix lots de huit hangars ont été implantés en son temps. Selon Djibril Mama Cissé dans son mémoire de fin de formation sur « étude de la dynamique du marché central de Parakou et son impact sur le développement à la base », le quartier Baparapé qui abrite ce marché aujourd’hui a hérité son nom de celui d’un personnage : le « Bâh Kparakpè ». Celui-ci, lui-même étranger mais ayant vécu pendant un moment dans la localité, est désigné pour accueillir et offrir de l’hospitalité aux nouveaux venus. Il poursuit en précisant que , « le terme ‘’Baparapé’’ est donc la déformation des mots Dendi ‘’Bâh’’(père) et ‘’Kparakpè’’ (homme du village) ; et ‘’Bâh Kparakpè’’ qui veut dire simplement l’ « attaché aux relations publiques’’ ». Ainsi, l’expansion socio-économique de la ville devenue un grand pôle attractif qui a conservé son caractère plus ou moins local ne pouvait plus jouer le rôle commercial auquel il pouvait prétendre du fait du poids de la ville dans le septentrion d’une part et de la sous-région d’autre part. Alors ce centre commercial a été confronté à d’énormes difficultés tant sur le plan physique que sur celui des activités notamment : l’exigüité de son emprise qui entrainait des débordements sur les rues avoisinantes occasionnant ainsi la paralysie du centre et de l’entrée sud de la ville les jours de marché, l’insuffisance de places, les mauvaises conditions d’accessibilité et des problèmes d’hygiène, d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable. Ce sont d’ailleurs ces facteurs qui ont favorisé sa réhabilitation financée par l’Agence Française de Développement (Afd) et achevée en 1996.

Il a pris le nom de marché international Arzèkè de Parakou, le 18 juin 1997 après sa réhabilitation. Son grand jour d’animation, c’est tous les samedis et regroupe les vendeurs et acheteurs des quatre coins du pays. Après sa réhabilitation, les boutiques et magasins ont été érigés à l’intérieur comme à l’extérieur avec des étals.

Sa géographie et ses atouts

Le marché international Arzèkè de Parakou est érigé sur une superficie de 10.530 m2. Il est un gigantesque centre commercial moderne qui compte au total 277 boutiques de tous types, 1 077 étalages, 30 kiosques + boucheries, 16 magasins, deux blocs de toilettes, un bloc administratif et un bac à ordures. Installé en plein centre ville de Parakou dans le département du Borgou, ce marché est traversée par la route Inter-Etat Cotonou-Malanville. Cette ville qui l’abrite est le terminus de la voie ferré en provenance de Cotonou. Sa situation géographique centrale et sa proximité avec le Nigéria, le Togo ; le Burkina-Faso et le Niger font d’elle le principal point de convergence des grands axes d’échange Nord-sud et Est-Ouest. Ceci fait que le commerce à Parakou est une intense activité. Toutes ces commodités permettent d’affirmer qu’il est le deuxième plus grand marché du pays et l’un des grands de la sous région.

Dans le fonctionnement économique de ce marché, les boutiques et magasins sont accessibles et le payement pour sa location est mensuel. Il faut dire qu’avant son inauguration selon Danialou Abdou Karim vendeur et secrétaire général du Syndicat des Revendeurs et Revendeuses des Marchés de Parakou (Syrrmap) le prix des taxes journalières variaient entre 25 Fcfa et 200F. Mais après cela, ils sont passés à 100f et 200f. Les articles ou les marchandises vendus au marché Arzèkè proviennent de tous les horizons, Lomé, Cotonou, Bohicon etc.

Quelques problèmes qui méritent réflexion

Avant son inauguration, c’est la Société de Gestion des Marchés de Parakou (Sgmp) qui était chargé de son organisation. Elle attribuait les places, collecte les redevances et taxes versées à la mairie de Parakou. Mais, il y a quelques mois, la mairie de Parakou a pris entièrement sa gestion avec certaines structures de sous-traitances. Ainsi, ceci a permis de donner un nouveau visage au plus grand marché du septentrion. L’hygiène, la sécurité, l’assainissement et l’approvisionnement en eau potable ne sont plus un grand souci. Cependant d’autres situations constituent toujours la quadrature du cercle pour les usagers de ce haut d’échanges commerciaux. Selon le major de la Police Républicaine, Alain Flavien Féliho, il est existe encore certaines poches d’insécurité où parfois des jeunes se donnent le vilain luxe de venir dans la nuit prendre des stupéfiants dans les alentours du marché. Il a également énuméré le non respect du mur californien et de la passerelle. Les cambistes aussi vivent dans une insécurité totale. Mais rien de tout cela n’influence guère son hospitalité et sa bonne ambiance.

Un géant pôle d’intégration sous régionale

« Depuis mon bas-âge, je venais assister mon feu père. Les petites situations qui viennent se règlent à l’amiable  », dixit Danialou Abdou Karim. Ses propos seront renchéris par ceux de Hassan Hinsa vendeur nigérien, « je suis dans ce marché avant même sa réhabilitation. Nous les nigériens et les béninois, notre cohabitation, c’est comme des frères même père même mère et quand il y a des réunions, les autochtones ne vont pas sans nous. ». Dame Safouratou ne dira pas le contraire en précisant que la grande masse des vendeurs après les béninois, ce sont les nigériens suivis ensuite par les nigérians et les autres. « Les problèmes, il y en a toujours, mais on s’entend toujours », a-t-elle ajouté.

Si après environs 60 années, le marché international Arzèkè de Parakou continue d’être un pôle incontestable de regroupement, d’échanges et d’intégration sous régionale, c’est bien sûr grâce aux différents élus qui lui ont porté une attention particulière. Néanmoins, ce marché, pour qu’il continue par drainer de monde, il est nécessaire qu’une autre politique de gestion se crée afin qu’il garde son statut qu’on lui connait. De même la question de sa délocalisation ou de son élargissement ne cesse de revenir dans les discussions des riverains et des usagers au vue de son exiguïté face au flux de personne qui s’y rend au quotidien.

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