MODERNISATION DE LA GESTION DES RESERVES ANIMALIERES DU BENIN : Et si le gouvernement changeait de fusil d’épaule ?

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Parmi les chantiers phares de la rupture dans le secteur du tourisme, figure en bonne place la modernisation de la gestion des réserves animalières du Bénin. Cette réforme qui est en cours depuis quelques années avec la gestion des parcs béninois déléguée à l’organisation internationale African Parks expérimentée dans le domaine, peine à avoir le plein accompagnement des populations riveraines. Ce qui est à l’origine de plusieurs actes de vandalisme sur les installations et même sur la personne des rangers qui s’occupent de ces réserves. Une situation qui interpelle le gouvernement à revoir cette réforme pour plus de collaboration.

Edouard ADODE

Il y a de cela un plus d’un an, on apprenait la disparition tragique d’un guide du parc de la Pendjari, dans des circonstances jusqu’à présent peu élucidées. Peu après, c’est un poste de police à Kérémou dans l’aire géographique du parc W qui a été attaqué par des populations armées de gourdins et de machettes. Cette attaque a coûté la vie à l’un des policiers qui s’y trouvaient avec plusieurs dégâts matériels. Ces individus non identifiés auraient agi pour exprimer leur mécontentement par rapport à la haute surveillance instaurée dans ces réserves animalières qui longtemps étaient une source de revenus aux populations riveraines qui pour la plupart vivent du braconnage. Il y a quelques jours en arrière, c’est un ranger qui a été atteint par la balle d’un tir venant d’un braconnier dans l’un des parcs en question. Ces faits qui relèvent simplement du vandalisme deviennent récurrents et posent un véritable problème de sécurité publique dans ces zones.
Il est donc clair que la gestion modernisée des parcs zoologiques du Bénin est une mesure de sevrage imposée aux populations riveraines de ces réserves, qui pour la plupart ont hérité la chasse de leurs ancêtres. Alors, sachant qu’aucun sevrage ne se fait sans résistance, ces dérives font partie de l’ordre normal des choses.
Ainsi donc, il revient au gouvernement de Patrice Talon d’être plus attentif aux besoins de ces populations qui deviennent de plus en plus réfractaires. Par conséquent, cette réforme salutaire doit être suivie d’une pédagogie permanente pour la rééducation des populations qui se sentent peut-être privées de l’essentiel. De même, la mise en place des mécanismes pour l’accompagnement financier des chasseurs dans ces zones sera d’une grande importance pour la pérennisation de cette réforme touristique.

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