MUSIQUE AU BENIN : L’absence d’originalité étouffe l’effort des artistes

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Le Bénin un petit pays de l’Afrique de l’Ouest, de grandes variétés culturelles, regorge d’assez de talents en matière de musique. Cependant, il peine à se trouver une tendance originale qui le distinguerait dans le monde musical, malgré la pléthore d’artistes qui animent ce secteur.

Edouard ADODE(Stg)

« La musique adoucit les mœurs » a-t-on l’habitude de dire, puisqu’elle paraît thérapeutique et indispensable, elle mérite une attention particulière. Plus encore, étant un élément identitaire, elle demande plus de considération. L’homme a besoin de la musique à tout moment de sa vie, dans les bons et les mauvais jours, pour la religion comme pour le plaisir. Mais au Bénin, l’industrie musicale peine à assouvir la soif des mélomanes.
En effet, quand on parle du Makossa, les regards sont tournés vers le Cameroun ; le Zouglou ou le Coupé-décallé, la Côte – d’Ivoire ; Le N’dombolo ou la Roumba, le Congo. Alors, on est en passe de se demander qu’est-ce qui fait l’identité musicale du Bénin ? Un tour dans les bars et clubs Vip de nos villes, et le constat est là. Les béninois savourent allègrement les tendances musicales importées des autres pays tels que le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Congo et autres. Pire, nos chaines radios et télévisions distillent ces musiques étrangères à longueur de journée. Loin de tout esprit d’autarcie et de xénophobie, ce constat est bien amer, et ne saurait laisser indifférent tout béninois animé d’un brin de patriotisme. Qu’est-ce-qui peut justifier cet état de chose dans un pays à grande consommation musicale comme le notre?
En dehors de la musique traditionnelle qui se porte à merveille comme le déclare Moussa Idrissou alias Kalamoulaï, artiste de la musique traditionnelle, « la musique béninoise se porte très bien » ; celle qui se veut moderne a encore du plomb dans l’aile. Elle continue de se chercher. Du tchink système au Noudjihou, en passant par le Soyoyo et le Zékédé, la musique moderne béninoise peine à convaincre le public qui ne se lasse guère de consommer les vieilles Rumba du regretté  feu Papa Wemba, ou le bruyant Apache de Dj Arafat. Même si certains diront que les béninois ont un instinct particulier à plus aimer ce qui vient de l’extérieur ; il serait important de noter avec grande désolation que la qualité des œuvres des artistes béninois laisse parfois à désirer. De la parole à l’instrumental, on ne sait plus qui chante quoi et qui fait quoi. Nos jeunes artistes qui dès la sortie d’un tout premier single, se targuent d’être des professionnels, se versent dans des grossièretés où les seuls sujets d’inspiration sont le sexe et des injures grotesques dans un langage décousu, sur un instrumental à vous abimer le tympan. Ils sont bien doués à mal imiter les autres !
Néanmoins, quelques uns de cette génération d’artistes s’imposent tout au moins au plan national voir sous régional avec beaucoup d’efforts encore à faire pour gagner le cœur de tous les mélomanes béninois et glaner des prix à l’international. Pour y parvenir il va falloir réorganiser le secteur pour que l’artiste béninois cesse d’être à la fois compositeur, chanteur, promoteur, manageur et même distributeur. La création d’assez de prix pour récompenser ceux qui essayent de mieux faire, pourra stimuler les autres à se donner au travail pour des résultats meilleurs dans l’avenir. Pour ce faire le rôle de l’Etat semble primordial pour la formation et la réorganisation des acteurs du secteur de la musique. En dépit de tout ceci, la prise de conscience des artistes est souhaitable car comme l’a dit Blaise Pascal « le génie est fait de 1% d’inspiration et 99% de transpirations »

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