UNE VIE UN METIER : Sanrigui Chabi raconte les temps forts de sa carrière d’administrateur civil et financier

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Le Bénin regorge assez de cadres qui depuis les indépendances se sont donnés corps et âme pour l’essor économique du pays. Au nombre de ceux-ci figure Sanrigui Chabi, actuel roi de Wansirou à Parakou qui pendant 30 ans a travaillé en tant qu’administrateur civil et financier. Alors pour ce numéro de votre rubrique Une vie un métier, votre quotidien reçoit pour vous cet homme qui au cours de sa carrière a servi dans les ministères avant de prendre sa retraite à la mairie de Parakou en 2007. Il parle ici des temps forts qui ont marqué sa carrière. Lisez plutôt.

Daabaaru : Pourquoi avoir choisi faire carrière dans ce secteur ?

Sanrigui Chabi : Il faut dire que j’étais en deuxième année d’université quand j’ai passé le concours d’assistant des services financiers et j’étais admis. Alors on a été envoyé à l’école et après cette formation j’ai été affecté à la direction du budget à Cotonou pour mon premier poste. Alors pour répondre à votre question, je dirai qu’il y a aucune raison particulière qui a motivé mon choix. J’étais arrivé à une étape de ma vie où je devais me prendre en main, avoir un boulot. Mes parents fatigués, je devais être la relève et prendre à mon tour soin d’eux. C’est donc comme ça, j’ai décidé de tenter ma chance en passant ce concours qui demandait seulement le niveau Bepc en 1977.

Comment était donc vos débuts dans cette fonction ?

Bon, trois semaines après notre prise de fonction, on a été envoyé au camp pour faire trois mois. C’est après ça on est retourné à nos postes tout en restant sous la disponibilité de l’Etat au cas où on avait besoin de nous ailleurs pour par exemple être garde dans les banques. Oui, j’étais là quand les mercenaires ont envahis notre pays et à ce moment, on était obligé de quitter nos postes pour monter la garde au niveau des banques. Bon pour un début, ce n’était pas mal, on s’est habitué à l’ambiance.

Parlez-nous des avantages de votre métier

L’avantage que nous on avait au ministère des finances, c’était les primes dont on bénéficiait comme tout autre agent. Mais on a les indemnités de préparation du budget. Le budget de l’État, c’est nous qui le préparons et on fait des heures supplémentaires pour ça. Pendant la préparation du budget, on fait trois mois sans repos et parfois même on ne rentre pas à la maison mais à la fin on nous donne des indemnités. L’autre avantage est qu’au niveau de ce ministère on a une école et chaque 4 ans on peut y aller pour changer de corps. Si vous êtes assistant, vous devenez contrôleur et de contrôleur vous êtes attaché et ainsi de suite. Moi j’ai eu cette chance là, d’assistant j’ai pu aller au grade d’administrateur. D’abord d’administrateur financier, je suis reparti dans la même école pour faire l’administration générale et territoriale et là je suis ressorti de cette école administrateur civil.

Qu’en est-il des difficultés ?

Oui des difficultés j’en ai connu. Au moment où j’étais parti pour faire L’Ena 2, les gens m’avaient déjà nommés secrétaire de la sous préfecture de Karimama. Le fait que j’ai laissé mon poste pendant une semaine, on m’a remplacé là-bas. Je suis reparti parce qu’il fallait avertir le préfet du Borgou pour qu’on m’envoi mon remplaçant parce que non seulement j’étais le secrétaire de la sous préfecture de Karimama et dans le même temps j’assumais le rôle de sous-préfet parce que celui-ci était en stage. Je suis donc allé chercher quelqu’un pour me remplacer et c’est là on m’a dit non, qu’ils ont pensé que j’ai abandonné. Alors j’ai poursuivi mes cours à l’école. Le ministre de l’intérieur d’alors n’était pas d’accord que j’abandonne mon poste pour aller à l’école d’administrateur. On m’a donc coupé mon salaire. J’ai fait 2 ans à l’Ena 2 sans salaire. C’est après, j’ai pu faire un recours à la Cour Suprême et après des enquêtes pour voir si j’étais vraiment admis à intégrer cette école, on m’a finalement fait un rappel. Il fallait que je tienne jusqu’au bout parce qu’à l’époque, il y avait un manque criant d’administrateur civil. J’ai eu pas mal de problèmes en tout cas, des gens voulaient me voir échouer mais j’ai tenu dur.

Parlez- nous de ce moment qui vous a marqué négativement au cours de votre carrière

Comme moment m’ayant marqué négativement, c’est le fait qu’on m’ait coupé mon salaire pendant deux ans. Je suis admis à un poste que je ne peux pas laisser sans mon remplaçant. Je reviens, et on me coupe mon salaire. En tant que père de famille, imaginez qu’on vous coupe le salaire pendant 2 ans à Cotonou. J’ai pu m’en sortir grâce à mon épouse qui heureusement était aussi fonctionnaire. C’est elle qui a pris les choses en main, elle m’a encouragé et m’a dit de rester, elle va s’occuper des charges.

Qu’en est t-il alors des moments heureux ?

Je suis sorti de cette école, on m’a nommé chef de la circonscription urbaine de Parakou. D’abord on m’a envoyé à l’Institut Régional de Santé Publique où j’avais pour mission la construction des Irsp du Bénin, du Mali et du Burkina avec un salaire qui n’était pas des moindres. J’ai fini ma carrière à Parakou en 2007 en tant que deuxième adjoint au maire de Parakou.

Quel message avez-vous à partager avec la jeune génération ?

Comme message, j’invite les jeunes à vraiment travailler, avoir la conscience professionnelle. Parce qu’il y a des gens qui ne font pas le travail. Alors une fois que vous faites bien votre travail et vous êtes aimés par vos patrons, vous avez de promotions. Mais si vous voulez à la fois être au boulot et au dehors pour d’autres affaires, ça ne marche pas. Alors je leur conseil de prendre au sérieux leur travail, parce que pour vous nommer à un poste, on fait une enquête de moralité sur vous.

Votre mot de la fin

Comme mot de la fin, je vous souhaite bon courage. Le pays est pour nous tous, et il faut que chacun apporte sa partition pour qu’il aille de l’avant.

Propos recueillis et transcrits par Samira ZAKARI

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