ZOOM SUR LA VIE PROFESSIONNELLE D’UN ANCIEN AGENT DU TRÉSOR : Charlotte M’pinti retrace les moments forts de sa carrière

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En tant qu’ancienne secrétaire puis contrôleur au trésor public du Bénin, Charlotte M’pinti née Ombari a été au service de la population béninoise en particulier celle de Parakou, ceci en occupant divers postes de 1980 à 2010. Pendant ses 30 ans de service, et ceci malgré les difficultés rencontrées, elle s’est sacrifiée afin de voir la satisfaction des citoyens béninois. Dix ans après sa retraite, elle est aujourd’hui à l’honneur dans la rubrique « une vie un métier » du quotidien Daabaaru. Avec joie elle retrace les grandes étapes de sa vie professionnelle.

Huguette LAWANI (Stg)

Daabaaru : Pourquoi avez-vous choisi de faire carrière dans ce domaine?

En réalité je n’ai pas vraiment choisi ce métier, c’est plutôt lui qui s’est imposé. Cependant j’y suis entrée suite à un concours de recrutement organisé par la fonction publique.

Comment êtes-vous devenue agent du trésor ?

Admise au concours organisé par le ministère de la fonction publique en 1980, du temps du feu ministre Adolphe Biaou, je fus reversée au ministère de l’économie et des finances, où après une formation de trois mois je fus envoyée au trésor de Cotonou en qualité de secrétaire dans l’administration. En 1981, je fus affectée à la recette perception de Parakou parce que j’étais mariée et que j’avais fais le rapprochement de conjoint. J’ai ainsi servi toute ma carrière pendant 30 ans et 6 mois à la recette des finances puis à la recette perception de Parakou, pour finir en prenant ma retraite en 2010, en qualité de contrôleur du trésor.

Comment ont été vos débuts dans le métier ?

Les débuts ont été difficiles parce qu’on n’avait pas de salaire, c’est bien après des mois que la situation fut régularisée. Il faut dire aussi qu’entant que nouveaux, on était obligé de nous soumettre aux exigences des supérieurs qui nous acculaient de tâches.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Comme avantage du métier nous avons outre nos salaires, les primes de rendement qui nous étaient octroyées par trimestre. Nous avons aussi les primes des heures supplémentaires à chaque fin d’année. Il faut dire que je percevais également les allocations familiales, parce que mon époux n’en recevait pas ; les congés de maternité, sans oublier les connaissances acquises qui peuvent nous servir à tout moment dans la société.

Qu’en est-il des difficultés ?

Comme difficultés, notifions que, travailler au ministère des finances en tant que nourrice est très difficile, car, la fonction de mère jumelée à la fonction administrative n’est pas du tout, chose facile.
Lors d’une paye aux enseignants vacataires, j’ai commis l’erreur étant sous la pression que me mettaient ces enseignants, en utilisant les billets de 2 000f qui venaient tout juste d’être mis sur le marché à la place des billets de 1000f ce qui m’a coûté un remboursement sur salaire en son temps alors que je n’étais pas caissière ni formée pour cela. Cependant, le manque d’employés caissiers nous a obligés en son temps à jumeler les postes tout juste pour rendre service et pour permettre au travail d’avancer. L’irrégularité du suivi administratif en vue de la promotion requise.

Quel a été le jour qui vous a plus marquée positivement au cours de votre carrière ?

Le jour qui m’a le plus marquée dans ce métier c’est ce jour où mon affectation qui me rapprochait de mon époux m’est parvenue.

Un moment malheureux

Le jour le plus malheureux pour moi est à double face. Ceci pour ainsi dire que c’était ce jour où on m’avait annoncé ma décoration qui est une reconnaissance de mérite destinée aux meilleurs agents du ministère qui malgré les félicitations du ministre de tutelle à mon égard n’est jamais venu jusqu’à ce jour. Il faut dire que cela m’avait beaucoup déçu.

Une anecdote

Un jour je suis allée prendre de l’eau du robinet qui était installé dans la caisse et j’y étais juste au moment où le caissier ouvrait le coffre fort, quand j’ai vu tout ce qu’il y avait comme argent, j’ai failli tomber en syncope éprise d’un grand vertige, j’ai fais une marche en arrière et je me suis retournée dans mon bureau afin de me remettre de mes émotions. Je n’avais jamais vu de toute ma vie autant de billet de banque et si bien rangés.

Quels conseils avez-vous à l’endroit de la jeunesse ?

J’encourage la jeunesse au travail bien fait en y mettant du cœur à l’œuvre, et à éviter la cupidité en acceptant de gagner le salaire mérité après service rendu tout en évitant l’amour du gain facile car seul le confort mérité après l’effort est meilleur. Je demande à l’Etat, de faire en sorte que comme dans les pays voisins, lorsqu’un agent part à la retraite de la fonction publique, que son livret de pension l’accompagne, afin d’éviter les tracasseries et les énormes dépenses que subissent les retraités, après tant d’année de service rendu à l’Etat. Car parfois certains meurent sans l’avoir perçu.

Votre mot de la fin ?

Je remercie toute l’équipe de la presse Daabaaru pour cette interview à moi accordée, me permettant de me replonger un tant soit peu dans mes 30 années de service à la fonction publique.

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